Utiliser le narrateur omniscient… à bon escient

« Tu es omniscient toi ?
— Je n’en sais rien.
— Du coup, je suppose que non ? »


Je parle souvent de l’avantage d’écrire avec une narration en focalisation interne quand on vise l’immersion du lecteur, et je critique souvent la distance narrative liée à l’emploi d’un narrateur omniscient. Pourtant, il existe d’excellentes histoires rédigées avec l’omniscient, et ce n’est pas un choix « mauvais » par principe !

Hélas ! Beaucoup d’auteurs l’emploient sans le comprendre, le mélangent avec la narration focalisée sans faire exprès, et ne savent pas utiliser ses avantages – pas assez, en tout cas, pour compenser sa fameuse distance narrative. Or, pour lutter contre cette faiblesse, l’auteur a tout intérêt à connaître les points forts de l’omniscient, et à les exploiter à leur plein potentiel.

1) Le caractère du conteur

Un narrateur omniscient est un conteur, dans la plus pure tradition du genre. Si tu as déjà assisté à des contes oraux, tu dois savoir que la personnalité du conteur a une grande importance dans le succès de l’histoire auprès de l’auditoire.

Dans un livre, c’est pareil : l’auteur a tout à gagner à ce que son narrateur omniscient ait une façon de s’exprimer bien à lui, un « style », et pas la langue dans sa poche.

Cela peut se faire dans la veine humoristique :

« Les Vogons. Une des races les plus antipathiques de la galaxie. Pas méchants mais caractériels, bureaucrates, psychorigides au cœur de marbre. Un Vogon ne lèverait pas le petit doigt pour sauver sa propre grand-mère au prise avec une blatte à griffes, la féroce bête de Thral, sans une autorisation en trois exemplaires, signée, transmise, approuvée, rediscutée, perdue, retrouvée, soumise au vote populaire, reperdue et finalement enterrée sous un amas de compost pendant trois mois et recyclée en allume feu. »

H2G2, tome 1 : Le Guide du voyageur galactique (Douglas Adams)

Mais cela peut aussi être plus sérieux, par exemple avec des éléments didactiques :

« Il y avait de nombreux Sacquet et Bophin, et aussi de nombreux Touques et Brandebouc ; il y avait divers Fouille (parents de la grand-mère de Bilbon Sacquet) et divers Boulot (alliés de son grand-père Touque), et une sélection de Fouine, Bolger, Sanglebuc, Trougrisard, Bravet, Sonnecor et Fierpied. Certains n’étaient que de très lointains parents de Bilbon, et d’aucuns qui vivaient dans des coins retirés de la Comté n’étaient à peu près jamais venus à Hobbitebourg. Les Sacquet de Besace n’avaient pas été oubliés. Othon et sa femme Lobelia étaient présents. Ils n’aimaient pas Bilbon et détestaient Frodon ; mais si magnifique était la carte d’invitation, écrite à l’encre d’or, qu’ils avaient trouvé impossible de refuser. Du reste, leur cousin Bilbon s’était spécialisé depuis bien des années dans la bonne chère, et sa table était hautement réputée. »

Le Seigneur des anneaux, Tome 1 : La Communauté de l’Anneau (JRR Tolkien)

Si ton texte se veut neutre, si le lecteur ne « ressent » pas le conteur derrière le narrateur, est-il bien utile que tu écrives en omniscient ? Le narrateur omniscient a tout à gagner à affirmer sa présence. Cette narration devrait te pousser à utiliser un style marqué : flamboyant, sophistiqué, poétique, humoristique ou décalé ? Fais ton choix.

Faire de même en narration focalisée sonnerait faux : la narration focalisée cherche à être la plus transparente possible et à donner l’illusion qu’il n’y a pas de narrateur. L’auteur a alors intérêt à adopter un style proche du personnage et à éviter de faire des vagues stylistiques qui nous sortiraient de sa personnalité. C’est pour cela que l’on dit souvent que la narration focalisée est « moins littéraire ».

Donc si tu aimes faire de la prose et mettre ta patte au niveau de la forme, l’omniscient est très pratique. Mais alors, assume-le, soit un vrai conteur, et déploie un véritable style ! C’est l’un des éléments qui te permettra d’agripper le lecteur en dépit de la distance narrative.

2) Entrer dans les pensées de plusieurs personnages en même temps

Le narrateur omniscient n’est pas limité au point de vue du protagoniste. Voltiger d’un personnage à un autre est clairement un désavantage en termes d’immersion, mais l’omniscient peut compenser cette distance en tirant avantage de la multiplicité des points de vue : le lecteur survole les personnages, certes, mais en zoomant régulièrement et alternativement sur l’un ou l’autre.

L’auteur a donc intérêt à se servir de cette possibilité autant que possible pour mixer les points de vue, dresser des parallèles, utiliser l’ironie dramatique. Si c’est pour rester concentré sur le héros seul, tu t’es trompé de narration : autant écrire en focalisé. Plus tu as de personnages importants dans ton récit, plus le narrateur omniscient peut t’être utile.

« Pete eut l’impression de passer un examen. Il savait qu’il n’était pas bon, mais il ignorait pourquoi. Il bafouilla, tenta de l’impressionner par sa sensibilité alors que Nora se serait parfaitement accommodée d’un gars qui regarde le foot en buvant de la bière. Elle avait grandi avec des frères qui ne savaient pas s’amuser autrement qu’en se faisant des bleus. Elle aimait bien chahuter, rire grassement et faire l’idiote. Elle s’imaginait que Pete lui ressemblait, car il rigolait bien avec ses collègues de bureau. Aussi, son discours sur les mérites relatifs des visions comiques de Woody Allen et Groucho Marx eurent pour effet de la mettre mal à l’aise. Pourtant, il s’agissait bien du même Pete qui avait traversé le bar de hockey complètement nu lorsque Walter Payton avait raté son touchdown lors du vingtième Super Bowl. Si seulement ils avaient su que ni l’un ni l’autre n’avaient réussi à regarder Tess sans piquer du nez au milieu du film ! »

Exemple extrait de « Personnages et points de vue » (Orson Scott Card)

En narration focalisée, l’histoire ci-dessus aurait dû choisir entre le point de vue de Pete ou le point de vue de Nora. L’omniscient, lui, nous montre les deux à la fois et les mets en parallèle. Il y a beaucoup de distance narrative (donc moins d’immersion du lecteur dans les personnages), mais cela est compensé par la mise en comparaison de leurs pensées et l’ironie dramatique qui en découle (le lecteur obtient beaucoup d’informations dont les personnages n’ont pas conscience, et en conséquence la scène est savoureuse).

Donner l’impression au lecteur qu’il maîtrise l’histoire bien mieux que les personnages est un atout pour conserver son intérêt, et une façon d’utiliser la distance narrative à son avantage.

3) Se focaliser sur l’histoire plutôt que sur les personnages

La narration focalisée n’a pas le choix : elle est intrinsèquement liée aux personnages. Le texte se concentre sur ce qui leur arrive, et ne peut pas raconter des faits auxquels ils ne participent pas. L’omniscient n’a pas cette limite et peut parler de ce qu’il veut. Cela rend la scénarisation plus facile, permet d’ajouter des scènes qui se déroulent chez l’adversaire, dans un autre lieu ou à d’autres moments. Le narrateur omniscient est même le seul capable de raconter des événements qui se déroulent dans un lieu vide de tout personnage !

Exemple : Dans le bureau désert, tout semblait calme. Pourtant, une brise venue de l’extérieur s’insinua par la fenêtre entrouverte. Elle fit frissonner le post-it que Julien avait rédigé et collé en évidence sur le clavier de Nathalie. Le papier se détacha, glissa jusqu’au rebord du poste de travail. Hésita. Bascula. Et tomba directement dans la poubelle.

« Dans un ultime sursaut d’énergie, elle étincela, parut catapultée vers le clocheton, coucha ses ailes, échappa aux serres, traversa la grille comme une flèche… et heurta de plein fouet, à l’intérieur du beffroi, une vieille cloche oubliée. Un misérable bong retentit quand la petite fée rencontra le bronze centenaire. »

Les ombres de Wielstadt (Pierre Pevel)

C’est aussi un excellent moyen pour l’omniscient de créer de la tension, car il peut facilement montrer que certains personnages se trompent, échouent à voir ou comprendre quelque chose, mentent, etc.

Exemple 1 : John regarda par la fenêtre, appréciant le calme de la grande forêt qui s’étendait de ce côté-ci de la maison. Il ne remarqua pas la silhouette de la femme, dissimulée dans l’ombre d’un grand chêne, qui l’observait à la dérobée.

Exemple 2 : Le maire avait un air benêt et naïf, et n’avait visiblement aucune information utile. Sophie comprit qu’elle n’obtiendrait rien de plus de lui. Frustrée, elle sortit en claquant la porte. Dès qu’elle fut partie, le maire eut un grand sourire carnassier et se frotta les mains de satisfaction.

L’auteur a tout intérêt à exploiter au mieux ces possibilités pour rendre la narration attractive et dynamique, centrée sur l’intrigue plus que sur les protagonistes, et à utiliser l’ironie dramatique à son maximum (= montrer des choses au lecteur dont ses personnages  principaux n’ont pas conscience).

Le roman d’Estelle Faye « Les Seigneurs de Bohen » use avec subtilité de cette narration. La plupart des personnages principaux ne se connaissent pas. Fait assez rare pour être mentionné : une grande partie ne se croiseront même jamais de tout le récit ! Pourtant, grâce à cette narration, l’autrice passe de l’un à l’autre en tissant entre leurs actions des liens temporels et de causalité. Nous avons donc bel et bien l’impression que les personnages participent à un seul et même récit, une seule et même grande fresque historique. Nous, lecteurs, en avons une conscience bien plus claire que les personnages eux-mêmes.

4) Maîtriser le temps

L’un des défauts de la narration focalisée est que, pour conserver l’immersion, l’auteur doit montrer au lieu de raconter, et que cela prend du temps. L’omniscient est par nature une narration de présentation, qui est dans le raconté « par défaut », donc un peu plus ou un peu moins n’a pas d’importance. L’auteur peut donc se sentir libre de raconter à sa guise, et gagne ainsi la possibilité d’accélérer et ralentir le temps comme il le souhaite sans être limité par les perceptions de son personnage. Cela facilite les ellipses, l’usage de flash-back ou flash-forward, les résumés narratifs. Cela permet à l’auteur de raconter une histoire qui se déroule sur des périodes de temps très vastes, des territoires immenses et avec plein de personnages, sans pour autant écrire une saga en 9 tomes de 500 pages.

« Les sabbats des sorcières secouaient plus que de coutume les forêts des Sicambres, et des démons à la peau rubescente entraînaient hors des vallées les filles un peu trop sages pour les rendre au monde sauvage, au royaume des bois, des brumes et des eaux. Cet hiver-là, les manifestations étranges, ou du moins inhabituelles, se multiplièrent dans l’Empire. Certains, après coup, déclarèrent avoir vu là des signes avant-coureurs des événements à venir. »

Les Seigneurs de Bohen (Estelle Faye)

***

J’ai déjà tenté de t’en convaincre dans mes articles Choisir sa narration : une narration est un outil, et tu as tout intérêt à choisir ton outil en fonction de l’histoire que tu veux raconter – si tu comptes planter des clous, choisis un marteau ; si tu t’apprêtes à utiliser des vis, prends un tournevis (la synthèse des avantages/inconvénients de chaque narration se trouve ICI).

La grande distance narrative et le manque d’immersion de l’omniscient sont de sacrés handicaps. En conséquence, pour rendre ce genre de récit dynamique et captivant, il est indispensable :

  • d’avoir conscience qu’on écrit en omniscient ;
  • de savoir pourquoi on le fait ;
  • de connaître ses points forts et de les utiliser du mieux possible, afin de compenser ses défauts.

M’enfin, ce n’est que mon avis.


L’article se terminait et les voix off entraient en scène pour s’atteler à une conclusion, mais elles furent déstabilisées par un commentaire omniscient.

« Hey ? C’est quoi ça ? » s’étonna la première, qui visiblement ne savait pas lire puisque la phrase précédente répondait à sa question.

« Je ne sais pas mais j’aime bien ! » dit la seconde, qui n’avait rien contre le fait qu’un commentaire issu de nulle part s’occupe de la conclusion à sa place.


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Règle Pixar [20] : décortiquer, démonter, remonter

Exercise : take the building blocks of a movie you dislike. How d’you rearrange them into what you do like ?

Entraîne-toi : prends les éléments d’un film que tu n’aimes pas. Comment peux-tu les arranger autrement pour en faire quelque chose que tu aimes ?


[Que sont les règles d’or Pixar ? C’est expliqué ICI]

Sur ce blog, il n’est pas rare que je t’encourage à t’entraîner pour améliorer ton écriture, comme un sportif s’entraîne entre les matchs, au lieu de n’écrire que pour publier.

Dans ce conseil N°20, Pixar te propose justement un exercice très formateur (mais impubliable) : refondre le travail d’un autre.

Voyons ensemble en quoi ça peut consister, et surtout ce que ça peut t’apporter.

Pourquoi étudier le travail des autres ?

Dans son conseil N°10, Pixar t’incite à t’interroger sur ce qui te plait dans les œuvres des autres auteurs afin de mieux comprendre ce qui te fait vibrer toi. Identifier ton ADN d’auteur est capital si tu souhaites écrire des œuvres personnelles.

Dans ce conseil N°20, l’idée est au contraire de rechercher chez les autres ce qui, selon toi, ne marche pas. L’avantage en observant le travail des autres, c’est évidemment qu’on le fait avec plus de recul. Travailler sur l’histoire d’un autre permet d’être détaché émotionnellement de l’oeuvre et de moins s’aveugler. On est obligé de ne juger que ce qui est dans le texte (avec nos propres histoires, on a une vision bien trop globale de l’univers et des personnages, et bien trop d’affectif pour être objectifs).

Les réseaux sociaux nous prouvent tous les jours que nous aimons critiquer. Sauf que… critiquer, c’est facile. Ici, Pixar ne te demande pas de « critiquer » : l’exercice consiste à choisir une histoire que tu n’aimes pas, et de lui apporter des modifications pour qu’elle devienne quelque chose que tu aimes. Tout un programme.

En quête de concret

Ce qui est intéressant dans l’exercice, c’est que devoir « réparer » l’histoire t’oblige à sortir de la posture de critique. Tu dois chercher :
1) ce qui (pour toi) ne fonctionne pas (analyse de causes) ;
2) comment tu pourrais le modifier pour que ça fonctionne.

Il ne suffit donc pas de dire « cette voiture n’avance pas ! ». Il faut identifier pourquoi elle n’avance pas, puis proposer quelque chose qui va changer la donne. Et ce sont bien deux choses différentes, la seconde n’étant possible que si tu sais être précis dans la première.

En discutant avec d’autres auteurs, je suis souvent surpris par la difficulté que nous avons à formuler nos critiques d’histoires. On retombe sans cesse sur des formulations clichés qui ne veulent rien dire. Il est très facile de dire qu’un texte « est plat », que « les personnages ne sont pas attachants », que « l’histoire est incohérente », que « c’est mal écrit ». Mais ça, ce n’est pas du diagnostic, c’est toujours de la critique. C’est du même niveau que dire d’une voiture qu’elle n’avance pas, qu’elle manque de reprise ou qu’elle est moche.

Or, si tu veux faire vivre ce texte, rendre les personnages attachants ou combler les trous de l’intrigue, il va te falloir être bien plus précis – et surtout bien plus concret – que cela.

Pour ce faire (comme pour réparer ta voiture) tu auras besoin d’un petit bagage technique. Si tu suis ce blog depuis un moment, tu sais déjà de quoi je parle, et je t’assure que neuf fois sur dix, quand une histoire ne t’accroche pas, l’origine du problème vient des fondamentaux :

Au niveau narration :
– Vérifie en premier le triptyque objectifs / obstacles / enjeux (la base de la base, car la plupart des histoires butent là-dessus) ;
– Puis tu peux creuser d’autres aspects de l’histoire, comme la ligne directrice, le lien protagoniste-antagoniste-thème, la caractérisation du personnage principal.

Au niveau style :
– Vérifie en premier si la narration choisie par l’auteur te semble judicieuse, et s’il réussit à la tenir sur la durée ;
– Vérifie son usage du montrer/raconter ;
– Puis tu peux passer en revue les différents articles focus.

Outre que cette approche méthodiste fonctionne bien (globalement nous faisons tous, tout le temps, les mêmes erreurs), elle permet de se détacher de l’aspect subjectif du « j’aime/j’aime pas » pour entrer dans une réflexion du type « ça fonctionne/ça ne fonctionne pas ». Quand cela devient automatique, cela rend ensuite l’analyse de nos propres textes plus efficace (car plus objective).

Démontage – remontage

C’est bien de savoir démonter un mécanisme, mais il faut savoir le remonter maintenant. Formaliser (ne serait-ce qu’au brouillon) une sorte de « plan d’actions d’amélioration » te force à ne pas rester superficiel dans ton analyse, et à te confronter pour de vrai aux problèmes. Tu penses que c’est un problème de carburateur ? Eh bien vas-y, change-le, et vois si ça améliore vraiment les choses !

C’est important d’aller au bout de la démarche à plusieurs titres :
– Cela permet de vérifier/confirmer tes hypothèses et ton diagnostic (en réfléchissant à la mise en oeuvre d’une solution, tu réalises souvent que le problème n’est pas vraiment où tu le pensais au départ) ;
– Cela te permet de mettre en pratique des gymnastiques intellectuelles qui t’aideront pour tes propres textes ;
– Cela t’aide à rester humble, car c’est toujours très difficile d’améliorer une histoire qui ne marche pas (si tous les critiques s’astreignaient à l’exercice jusqu’au bout, il y aurait un peu moins de shitstorms sur les réseaux, crois-moi).

Bien sûr, tu ne peux pas aller aussi loin qu’une réécriture pour un roman, mais l’exercice est tout à fait à ta portée sur un texte court de type nouvelle. Le pousser jusqu’au bout (càd jusqu’à la rédaction complète d’un nouveau texte) est un exercice incroyable. Tu ne pourras sans doute pas le publier, mais je t’assure que le travail réalisé (très différent d’une création personnelle) te fera voir certaines choses sous un nouvel angle.

***

En ce qui me concerne, c’est devenu un quasi-réflexe : lorsqu’une série ou un roman me déplaît, il n’est pas rare que j’exploite mes temps de trajet en voiture ou mes pauses déjeuner à réfléchir à « pourquoi j’ai décroché », de façon très méthodique, et à chercher en conséquences comment je réécrirais cette histoire « si c’était moi ».

Si tu me passes la comparaison, c’est comme s’entraîner à disséquer des cadavres pour mieux appréhender le fonctionnement du vivant. Ce n’est pas forcément propre, les intéressés ne seraient peut-être pas ravis de te voir faire, les tentatives improbables d’amélioration peuvent te faire ressembler au Dr Frankenstein, mais c’est indéniablement un exercice extrêmement formateur.

M’enfin, ce n’est que mon avis.
🙂


« Du coup, si tu devais refaire mes conclusions à ma place, tu ferais comment ?
— À la tronçonneuse. »

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Comment désigner ses personnages dans son récit ?

« Comment il nous désigne, nous ?
— Je crois qu’il ne l’a jamais fait… »


Ces derniers temps j’ai vu passer plusieurs fois d’affilé des questions similaires sur les réseaux, et à force de fournir ici et là les mêmes réponses, il m’a paru judicieux d’en faire un article.

La problématique est la suivante :

Beaucoup d’auteurs novices, terrorisés à l’idée de faire trop de répétitions, cherchent à varier la façon dont ils désignent leurs personnages. Ils demandent ainsi sur les réseaux comment trouver des synonymes divers, et ne savent plus comment désigner leurs personnages dans leurs textes.

La réponse est simple :

La façon la plus transparente de désigner tes personnages est celle que tu utilises pour désigner les gens dans la vraie vie : par leurs noms, et l’usage du pronom il ou elle.

C’est tout.

Tu m’as bien lu : à chaque fois que tu fais des pieds et des mains pour tenter de désigner tes personnages par d’autres qualificatifs (du type « la jeune femme », « le guerrier », « l’enfant aux cheveux roux ») tu te fatigues pour rien. Je suis au regret de t’annoncer que tes contorsions textuelles sont inutiles, voire pénalisantes.

Pourquoi NE PAS utiliser de qualificatifs de ce genre ?

1) parce que les noms propres ne comptent pas comme répétitions

En général, cette obsession des qualificatifs touche des auteurs qui se focalisent sur les répétitions. Mais tu sais quoi ? Les noms propres ne sont pas des répétitions. Cela ne gêne pas la lecture du tout de les voir réutilisés régulièrement, et personne ne le considère comme une répétition (même pas les logiciels de correction spécialisés). Donc si ça ne gêne personne, pourquoi s’en priver ?

2) parce qu’un nom est toujours plus clair qu’une autre désignation

Même s’il n’y a qu’un seul et unique magicien dans ton récit, écrire « le magicien » demande une association d’idées de la part du lecteur. Dire « Gandalf » ou « Dumbledore » ne souffre aucune ambiguïté, et dans l’esprit du lecteur tout est plus rapide et clair.

3) parce que ce n’est pas naturel (on ne fait pas comme ça, en vrai)

Dans la réalité, quand tu parles de tes amis, tu utilises leurs noms. Tu ne dis pas « le grand brun », « la belle rousse » ou « le professeur de karaté ».

La seule occasion où tu utilises des qualificatifs dans la réalité, c’est quand tu ne connais pas du tout la personne, mais je suis sûr que tu as déjà expérimenté cette situation cocasse où tu peines à communiquer avec ton interlocuteur.

« Tu te rappelles, le grand brun, là ?
— Celui qui portait une chemise bleue ?
— Mais non, l’autre, là ! L’ami de Julien !
— Celui qui est arrivé en retard ?
— Mais non ! Rah ! Celui était assis à côté de Charlotte à table ! »

Cela te fait sourire ? C’est pourtant exactement ce que tu fais quand tu t’obstines à varier les qualificatifs dans ton texte. Quand on connaît les noms des gens, on les utilise. Quand on ne les connaît pas, on ne comprend rien, le texte devient flou, et c’est si pénible qu’on en vient vite à les baptiser.

Ex : Lorsque ma femme et moi avons emménagé dans notre résidence, nous avons fait la connaissance de nombreux chats du quartier. Sans connaître leurs noms réels, nous les avons très vite baptisés de surnoms qui nous étaient propres afin de pouvoir parler d’eux sans avoir à dire « celui aux poils gris et longs » ou « celui qui a une tête de vieux ». La plupart de leurs surnoms leurs sont restés depuis.

Plusieurs auteurs jouent avec ce principe : parfois le protagoniste rencontre quelqu’un qu’il ne connaît pas et qui demeure mystérieux, alors le héros lui donne un surnom pour faciliter sa désignation dans le récit. C’est ainsi que ça se passe en vrai. Et c’est ainsi que tu devrais faire dans tes textes si ce cas se présente.

Dans sa novella Edgedancer, Brandon Sanderson nous conte l’histoire de Lift. Depuis des années, celle-ci est régulièrement confrontée à un personnage mystérieux et dangereux, dont elle ne connaît pas le nom, mais qui intervient souvent. En conséquence, Lift l’a baptisé « Darkness » et utilise ce terme en guise de surnom. Cela facilite grandement l’écriture pour Sanderson, qui n’a pas besoin de complexifier ses phrases pour nous faire comprendre de qui il parle : on est du point de vue de Lift, et Lift l’appelle Darkness, donc Sanderson le désigne par le nom « Darkness ». Et pour nous lecteurs, tout est simple et limpide.

Les désignations par profession ne fonctionnent que si la profession est la « nature » même du personnage et que celui-ci reste anonyme : si ton héros va passer commande chez le forgeron, ce personnage secondaire peut tout à fait être désigné par « le forgeron ». Nous le faisons au quotidien : on évoque le médecin, notre banquier, notre coiffeur. Mais cela ne vaut justement que pour des personnages de second plan, dont nous ne sommes pas assez familiers pour utiliser le nom : je dis « le boulanger » parce que je ne connais pas le nom de mon boulanger et que je ne le fréquente que dans le cadre de son activité professionnelle. Quand je parle de mon médecin de famille, la plupart du temps, je ne dis pas « le médecin », j’utilise son nom.

Les désignations par l’âge ou la couleur de cheveux, personne ne les utilise en vrai. Laisse donc tomber les « jeune femme » et autres « grand brun », surtout s’il s’agit de tes protagonistes principaux. Puisqu’on les connaît, utilise leurs noms ! Et si EN PLUS tu es en train de parler de ton personnage de point de vue et que tu écris à la 3ème personne en focalisation interne, c’est encore pire…

4) …parce que cela crée de la distance narrative

Un qualificatif de ce genre, c’est un jugement externe au personnage : personne ne se qualifie lui-même en évoquant son métier ou sa couleur de cheveux. Le personnage ne pense pas à lui-même en ces termes, et donc le désigner par sa taille, son caractère ou tout autre élément de caractérisation, c’est porter un regard extérieur sur lui = cela crée de la distance narrative.

Je te rappelle ici ce qu’est la distance narrative et pourquoi tu devrais chercher à l’éviter.

Pas encore convaincu(e) ? Allez, voici quelques extraits de romans très connus.

Extrait Harry Potter à l’École des Sorciers, JK Rowling

Lors du banquet de début d’année, Harry avait senti que le professeur Rogue ne l’aimait pas beaucoup. À la fin du premier cours de potions, il se rendit compte qu’il s’était trompé : en réalité, Rogue le haïssait. […]

Rogue commença par faire l’appel. Lorsqu’il fut arrivé au nom de Harry, il marqua une pause.

— Ah oui, dit-il. Harry Potter. Notre nouvelle… célébrité.

Drago Malfoy et ses amis Crabbe et Goyle ricanèrent en se cachant derrière leurs mains. Rogue acheva de faire l’appel et releva la tête.

Rogue est appelé Rogue. Il n’est pas « l’homme au visage dur et aux cheveux raides et noirs ». Rowling n’écrit pas non plus « Le professeur commença par faire l’appel ». Pour Harry, il est « Rogue » et le restera du début à la fin du récit.

Extrait Le Trône de fer, GRR Martin

Le sourire de son frère flocula comme du lait qui tourne.

« Tyrion, dit-il sombrement, cher Tyrion, tu me donnes parfois lieu de me demander de quel bord tu es. »

La bouche pleine de pain et de poisson, Tyrion s’offrit une lampée de brune pour bien déglutir, puis glissa à Jaime un rictus de loup.

« Voyons, Jaime, cher Jaime, dit-il, tu me blesses, là. Tu sais à quel point j’aime ma famille. »

Dans certains chapitres des romans de Martin, Tyrion est parfois désigné comme « le nain », mais il s’agit alors de chapitres où le personnage de point de vue est quelqu’un qui connaît mal Tyrion (et souvent le méprise). Pour le personnage de point de vue, le qualificatif « nain » lui vient plus spontanément que son nom. Mais dans les chapitres où Tyrion est le personnage de point de vue, il est désigné par… son nom.

Extrait Le Seigneur des Anneaux, JRR Tolkien

Aragorn posa alors la main sur la tête de Merry et, la passant doucement parmi les boucles brunes, il toucha les paupières, l’appelant par son nom. Et quand la fragrance de l’athelas se répandit dans la pièce, telle la senteur des vergers et de la bruyère à la lumière du soleil plein d’abeilles, Merry se réveilla soudain et dit :

— J’ai faim. Quelle heure est-il ?

— Celle du souper est passée, dit Pippin, mais je suppose que je pourrai t’apporter quelque chose, s’ils le permettent.

— Ils le permettent bien certainement, dit Gandalf. Et toute autre chose que ce Cavalier de Rohan pourrait désirer, pourvu qu’on puisse la trouver dans Minas Tirith, où son nom est en grand honneur.

— Bon ! dit Merry. Eh bien, j’aimerais d’abord un souper et après cela une pipe.

Mais un nuage passa sur son visage.

— Non, pas de pipe. Je ne crois pas que je refumerai jamais.

— Pourquoi donc ? demanda Pippin.

— Eh bien, répondit lentement Merry. Il est mort. Cela m’a tout remis en mémoire. Il a dit qu’il regrettait de n’avoir jamais eu le loisir de parler science des herbes avec moi. C’est presque la dernière chose qu’il m’ait dite. Je ne pourrai plus jamais fumer sans penser à lui et à ce jour, Pippin, où il est venu à cheval à l’Isengard et où il fut si poli.

Dans ce très court passage, il y a 4 mentions de « Merry » et 3 de « Pippin ». Puisque je te dis que les noms ne sont pas considérés comme des répétitions !

***

Cesse donc de tergiverser : la meilleure façon de désigner tes personnages, c’est d’utiliser leurs noms. C’est simple, rapide, clair et efficace. C’est – après tout ! – à cela que servent les noms.

Mais cela n’est que mon avis.


« En même temps il dit ça, mais on n’a toujours pas de noms, nous.
— Je ne sais même pas comment les gens nous distinguent.
— Ils nous distinguent ?
— …
— Oh, merde. »


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[SCRIBBLOG] Six Questions de Style sur Lesquelles s’Écharpent les Écrivains

[Que sont les articles du Scribblog ? C’est expliqué ICI]

Nouvelle adaptation française d’un article Mythcreants posté sur le blog de la plateforme Scribbook : cela faisait longtemps que je voulais reparler de style ici, alors j’ai sauté sur l’occasion pour adapter en français ce parfait condensé de Chris Winkle. Six sujets de style dont tout le monde parle sans arrêt et sur lesquels personne n’est d’accord !

(Teaser : on reparlera style dans un prochain post Scribblog d’ici un mois ou deux !)

scribbook-blog-six-questions-de-style

Peut-être cela va-t-il vous étonner, mais les écrivains ne sont pas toujours d’accord entre eux. Quand le sujet de discorde concerne une question technique liée au style, cela peut être assez déroutant pour l’auteur novice. La plupart des débutants veulent juste écrire une prose respectable… mais comment savoir ce qu’est une prose respectable quand chacun s’écharpe sur le sujet ? Passons en revue six questions, et je vous donnerai ce que je pense être des réponses à peu près sûres.

[Lire la suite >>>]

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[EXTRAIT] Latium – Romain Lucazeau

L’atmosphère était propre, dénuée de toute trace de contamination bactérienne. Elle orienta une des caméras binoculaires du plafond, observa avec intérêt l’ensemble compliqué de tuyaux, de bras articulés, de réservoirs emplis de liquides à la texture gluante, organique, qui couvrait tout l’espace disponible. Ou presque : au milieu, connectée à l’appareillage par plusieurs grappes de cathéters tendus par une intense circulation de fluides, se trouvait une énorme masse de chair rose et lisse, accrochée au plafond comme une pièce de boucherie. L’organe artificiel avait la forme d’une poire, comme une poche tendue par un poids trop important pour elle. La chose se trouvait en état de stase depuis plus d’un siècle.

Oikè lança une série d’instructions. Le système lymphatique et sanguin qui l’entourait changea la composition des liquides qu’il pompait. Juste sous la paroi charnue, des veines épaisses comme un bras se mirent à saillir, et une odeur d’ammoniac et de sang se répandit. Des poches se remplirent et se vidèrent en rythme, libérant des substances organiques, de plus en plus vite, faisant tressauter l’ensemble. Le moment de la délivrance arrivait.

Les tissus se déchirèrent, dans un bruit écœurant de viande arrachée, et des sucs transparents commencèrent à suinter jusqu’à former une flaque gluante d’ichor, souillée de traces de sang. L’objet tout entier fut pris de mouvements convulsifs, d’une intensité croissante, et, tout à coup, quelque chose à l’intérieur creva. Le monstrueux placenta se contracta une dernière fois pour relâcher son fardeau, un être qu’il avait gardé en lui pendant des années, à présent un étranger. Du sang gicla jusqu’au plafond de métal lisse. Un corps, vivant, nu, adulte, semblable à celui d’un humain de sexe féminin, glissa sur le sol.

Oikè l’observa, fascinée, luttant contre un sentiment à la lisière du mysticisme. Il ne s’agissait pas d’une femme : son code génétique était un mixte de plusieurs espèces animales de la planète des origines. Mais l’imitation, effet d’une subtile ingénierie génétique, était, de l’extérieur, parfaite — quand bien même n’aurait-elle pas résisté à une observation attentive des organes internes. Son cerveau avait été atrophié à dessein, à l’exception des fonctions reptiliennes les plus primitives. Ce n’était pas un individu autonome. Étendue par terre, couverte de morceaux de placenta et de liquides nauséabonds, tachée de sang, elle s’agitait, secouée de spasmes sans signification, puis un cri rauque indiqua que les poumons venaient de subir la morsure de l’air.

Un ergatès monté sur des pattes d’insecte entra en cliquetant dans la cabine. Il observa la chose étendue par terre, prit le temps de vérifier les proportions et les paramètres vitaux. Des aiguilles surgirent de son torse, plus rapides que l’éclair, pour effectuer de minuscules incisions, ramener des prélèvements infinitésimaux pour analyse. Lorsqu’il fut satisfait de son examen, l’ergatès s’approcha. Des appendices de préhension et des outils chirurgicaux, scalpels et fraises, firent leur apparition. Des bras articulés se saisirent sans ménagement du corps par les membres et le cou, puis l’allongèrent, s’assurant de son immobilité. L’automate enfonça alors une lame en carbone monomoléculaire dans le cuir chevelu, découpa les chairs et les os du crâne avec une facilité déconcertante. Insensible aux réactions désordonnées de la créature, il retira la boîte crânienne et commença la longue et complexe opération consistant à vider l’intérieur du crâne des tissus cérébraux préexistants.

Puis il commença à construire le support de conscience. Cela dura des heures. Pendant tout ce temps, la patiente ne cessa de pousser des gémissements étouffés, dénués de sens, sans qu’à aucun moment l’ergatès ne réagisse, occupé qu’il était à insérer dans le crâne un ensemble de cristaux de données, de processeurs et de mécanismes d’alimentation en énergie et de microréfrigération. Puis il se lança dans un patient travail de suture pour connecter la machine au système nerveux du corps. Sous le regard d’Oikè, les aiguilles et les pinces virevoltaient, comme les doigts d’un pianiste, se livraient à un travail de précision. Il s’agissait, pour le chirurgien automate, d’établir des interfaces entre chaque terminaison nerveuse et les différents appareils informatiques introduits par ses soins. La colonne vertébrale, le cerveau reptilien, les nerfs optiques, mille autres points de contact qui auraient dû croître de manière naturelle — tout cela devait assurer l’intégration de l’âme computationnelle et de la chair biologique.

Latium – Romain Lucazeau (extrait)


[Que sont les articles « Extraits » ? C’est expliqué ICI]

Ressenti personnel

Je parcourais ma bibliothèque en me demandant quels auteurs français m’avaient filé des claques ces deux dernières années quand mes yeux sont tombés sur Latium, de Romain Lucazeau. Aussitôt m’est revenue cette scène de venue au monde, une naissance à la fois violente et froide.

Pour replacer Latium dans son contexte, le roman décrit un monde futuriste dont l’être humain est absent : l’Homme a disparu depuis longtemps, laissant essentiellement derrière lui des IA immortelles mais désœuvrées.

Dès le premier paragraphe cette scène conjugue éléments organiques (bactérienne, masse de chair rose, poche) et technologiques (caméras binoculaires, appareillage, connectée). L’absence de contamination bactérienne suggère une ambiance hospitalière, mais la comparaison « comme une pièce de boucherie » nous fait plus penser à un lieu de mort qu’à un lieu de vie.

D’ailleurs, ce qui va naître dans cette scène nous fait languir dans l’inquiétude. Le texte joue sur la peur de l’inconnu en le désignant par des termes vagues (la chose, l’ensemble, l’objet). Il en rajoute avec des mots comme fardeau, étranger, monstrueux. Ce n’est qu’après ces trois paragraphes introductifs qu’intervient la délivrance, que l’on « voit » ce qui était jusqu’ici caché. L’auteur se veut enfin factuel et précis : « Un corps, vivant, nu, adulte, semblable à celui d’un humain de sexe féminin ».

Mais ce n’est pas une femme non : je te l’ai expliqué, dans Latium, l’être humain n’existe plus. Alors le texte nous le souligne, afin que nous comprenions bien que la créature qui vient de prendre vie ici ressemble à un humain mais n’en est pas un.

Aussitôt, ce paragraphe très biologique est compensé par une partie ultra-technologique. Nous assistons, avec un mélange de fascination mêlée d’horreur, à l’opération sans anesthésie à laquelle se livre l’automate. Et c’est au dernier paragraphe que nous comprenons à quoi nous venons véritablement d’assister : à la naissance d’un être hybride, au corps biologique et au cerveau technologique. Comme l’est ce passage. Voire peut-être même le roman tout entier.

« L’enfer est pavé d’adverbes »

Romain Lucazeau a-t-il lu cette célèbre citation de Stephen King ? Peut-être. Quoi qu’il en soit il sait tout ce que je t’ai expliqué sur les adverbes dans cet article focus.

Il y a à peine plus de 3% d’adverbes dans ce passage, pour 0 (zéro) adverbes en -ment. Depuis que je m’amuse à faire des stats, c’est le taux le plus bas que j’ai rencontré. Comme quoi il est tout à fait possible d’écrire des textes compliqués, avec des phrases longues et complexes, en étant précis… sans avoir recours aux adverbes.

latium


Et toi, que t’évoque cet extrait ? Qu’as-tu à dire sur ce passage ?
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