Règles Pixar [4] – La structure du récit

Once upon a time there was ______. Every day, _______. One day ______. Because of that, ______. Because of that, ______. Until finally ______.

Il était une fois ______. Chaque jour, ______. Mais un jour _______. À cause de cela, _______. À cause de cela, _______. Jusqu’à ce que finalement ______.


[Que sont les règles d’or Pixar ? C’est expliqué ICI]

Ce conseil Pixar rappelle le B-A-BA de la structure d’une histoire, l’ADN fondamental de la plupart des récits.

De nombreux théoriciens de la narration proposent des modèles plus ou moins complexes pour présenter et structurer des histoires, mais voici ces principes réduits à leur plus simple expression. Tu as l’impression de déjà connaître ça par cœur ? Vérifions ensemble. Tu ne sais pas comment échafauder ton histoire ? Keep it simple stupid (reste le plus simple possible) et teste donc « ça ».

Il était une fois…

Une structure classique débute par ce qu’on nomme la « phase d’exposition » : l’auteur montre au lecteur de qui (et de quoi) parle l’histoire. Dans ce « il était une fois », il présente le personnage principal, montre où et quand l’histoire se déroule (le décor, l’arène, cf. l’article d’il y a quinze jours).

Chaque jour…

La plupart des histoires parlent d’un équilibre rompu dans la vie du personnage : il est donc important de commencer par montrer cet équilibre, ce qu’on appelle la routine du personnage. L’auteur expose ce qu’est sa vie, son quotidien, par exemple via le déroulé d’une journée type ou de scènes caractéristiques (personnelles, familiales, professionnelles, etc.). On montre « qui est le personnage » dans son environnement ordinaire, et comment il réagit à ce dernier (attitude, caractère).

Note : ne sois pas berné par le terme « routine » ou « ordinaire ». Le quotidien du personnage peut être très agité, bizarre ou extrême (et il faut alors le montrer). Chaque film de James Bond démarre sur une scène d’action : c’est ça le « quotidien ordinaire » de l’agent 007.

Tu connais la maxime « on ne sait pas ce qu’on gagne, mais on sait ce qu’on perd » ? C’est l’objectif de cette phase : montrer en quoi le changement à venir va bouleverser la vie du personnage. Si on ne montre pas cette « routine », on a du mal à faire comprendre au lecteur la fracture à laquelle le personnage est confronté.

Le plus souvent, cette phase sert aussi à insinuer le thème central de l’histoire : on ressent, de façon plus ou moins évidente et subtile, que le personnage a un souci avec sa « routine », une problématique en lien avec un thème particulier…

Un jour…

Si tu te souviens de tes cours de français au collège, tu connais le fameux « élément perturbateur » : tu as montré le personnage dans son environnement, tu as présenté sa vie telle qu’elle est au quotidien, quand soudain un changement intervient. Il se passe quelque chose qui rompt l’équilibre.

À cause de cela…

À cause de cet élément perturbateur, le personnage sort de ses rails (quoi que cela puisse bien vouloir dire dans ton histoire). Le préambule est terminé, l’histoire commence véritablement à ce moment-là, par la réaction du personnage au changement.
Que fait-il ? Et quelles en sont les conséquences ?

À cause de cela… (bis)

Et quelles sont les conséquences de ces conséquences ? Cette étape est généralement reprise plusieurs fois, formant ce que l’on appelle le développement de l’histoire. Les actes du personnages entraînent une nouvelle situation problématique, qui le force à prendre une nouvelle décision, qui a pour conséquence une autre situation problématique, etc.

Pixar4
Obstacle > Décision+action > Nouvel obstacle lié à l’action menée > Décision+action > etc.

L’important à mémoriser est le « à cause de ». Si tu veux que ton histoire s’enchaîne et « coule », il est bien plus efficace qu’il y ait relation de causes à effets entre les obstacles, les décisions et les actions du personnage. On dit souvent qu’il n’y a pas de meilleur obstacle que celui forgé par le personnage lui-même. Médite cela.

On enchaîne en boucle jusqu’à ce qu’on aperçoive une lumière au bout du tunnel…

Jusqu’à ce que finalement…

Après plusieurs « boucles » de « à cause de cela », nous arrivons à la phase de résolution : il s’agit du moment où une décision du personnage n’entraîne pas une nouvelle situation problématique, mais un nouvel équilibre. Il retrouve un nouveau quotidien, une nouvelle routine. Elle est différente (et souvent elle lui convient mieux) que celle présentée en début d’histoire ; ou alors l’histoire est une tragédie, et la « boucle » s’interrompt parce que le personnage perd tout, est détruit et/ou meurt.

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes

Tu te dis « oui, c’est bon, j’ai déjà lu ce type d’article cent fois, je connais la structure dramatique de base, c’est vieillot, et ça pousse à toujours écrire les mêmes histoires ».

Ce à quoi je répondrais que :
1) encore aujourd’hui, la plupart des bonnes histoires suivent ce schéma (ce qui ne veut pas dire qu’il FAUT l’utiliser à tout prix, mais bien que ce n’est certainement pas ça qui empêche d’écrire une très bonne histoire). Se baser sur ces principes simples permet de bâtir sur des fondations solides et stables ;
2) beaucoup de manuscrits que je bêta-lis souffrent de ne PAS suivre ce schéma (phase d’exposition incomplète ou mal gérée, routine et background mal présentés, manque de relation de cause à effet dans le développement de l’intrigue…) ;
3) l’originalité d’une histoire PEUT être liée à sa structure, mais en général elle se situe plutôt dans son sujet et dans la façon dont il est traité.

Revenir aux basiques est parfois salutaire.

M’enfin, ce n’est que mon avis…



« Revenir aux basiques, pour les conclusions, ça serait…?

— Éviter une blague nulle et faire sobre.
— Oh.
— Ouais. Pas facile de faire simple, hein ? »

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3 réflexions sur “Règles Pixar [4] – La structure du récit

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