Focus : les tournures impersonnelles

« Il faudrait arrêter avec ces introductions pourries.
— Tu veux dire que tu devrais arrêter, non ? »


[Que sont les articles « focus » ? C’est expliqué ICI]

Une tournure est dites « impersonnelle » quand le sujet (‘il‘ dans les exemples ci-dessous) ne renvoie ni à un objet ni à une personne.

Exemples :
Il paraît que les ventes d’ebook sont en baisse.
Il faut que je passe plus de temps à écrire.
Il fait froid, non ?

Comme tous les types de phrases, ces tournures ont leur place dans nos textes, et il est impossible de s’en passer totalement. Néanmoins :

– Le sujet désincarné donne une impression de détachement et de recul, et ce n’est pas pour rien que l’on retrouve ce type de tournures en grand nombre dans les textes administratifs. Si c’est voulu pour une question de style, tant mieux. Sinon, cela alourdit le texte.

– Le sujet apparent (il, cela, ça), peu informatif, repousse le vrai sujet de la phrase plus loin ou le masque. Là encore cela peut avoir un intérêt, mais dans la plupart des cas cela rend juste la phrase moins dynamique.

Statistique :
Le taux de tournures impersonnelles est le ratio du nombre de phrases en tournures impersonnelles sur le nombre total de phrases.
— Entre 5 et 6 %, il semble qu’on soit dans une moyenne raisonnable…
— … mais si tu peux te situer plutôt autour des 3 %, ce n’en est que mieux !
— Si ton taux dépasse les 10 %, il semble que tu te situes dans une fourchette vraiment haute : il serait peut-être pertinent de te pencher sur la question.

Cette thématique rejoint celle sur l’emploi de la forme passive, et les axes de travail pour reformuler tes tournures impersonnelles sont les mêmes, à savoir :

— Remettre le « vrai sujet » à sa place et employer la voix active.
Exemple :
Il faut que je passe plus de temps à écrire.
> Je dois absolument passer plus de temps à écrire.

— Préciser la pensée et renseigner sur le sujet réel.
Exemple :
Il paraît que les ventes d’ebook sont en baisse.
> La presse spécialisée prétend que les ventes d’ebook sont en baisse.

À noter qu’il existe des verbes impersonnels par nature désignant des phénomènes météorologiques (il pleut, il neige), qu’il est impossible d’utiliser autrement que dans ce type de tournures. Tu peux néanmoins te rappeler de l’article sur le « montrer plutôt que raconter », et amener l’information d’une autre manière.

Comme d’habitude, il s’agit d’une gymnastique de l’esprit : ce défaut relève le plus souvent d’un tic de langage, et une fois que tu évites sciemment les tournures du type « il fallait que », « il semblait que », les phrases se fluidifient toutes seules.

M’enfin, ce n’est « que » mon avis.


« Mais il paraît pourtant que les lecteurs trouvent nos dialogues amusant !
Il paraît, hein ? »

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4 réflexions sur “Focus : les tournures impersonnelles

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