Focus : les propositions participiales

« Ces introductions étant pourries de toute façon, je n’hésite pas à en rajouter.
— L’article terminé, j’espère que les lecteurs oublieront tes remarques à la con. »


[Que sont les articles « focus » ? C’est expliqué ICI]

La proposition subordonnée participiale contient un verbe au participe passé ou au participe présent.

Exemple :
Le temps aidant, mes ventes de livres s’envoleront.
Le soleil se décidant à sortir, je lâchais l’ordinateur pour aller me balader.

Grammaticalement, l’emploi de tournures participiales est correct, mais cela alourdit considérablement le style, en particulier si cet usage devient récurrent et fréquent.

En théorie, dans une proposition subordonnée participiale, le sujet du participe est différent de celui de l’autre verbe. Dans le tout premier exemple ci-dessus, dans la proposition participiale, le participe aidant est lié au temps. Dans la proposition principale, s’envoleront est le verbe lié aux ventes de livres.

Exemple :
Lassé d’attendre à ma table de dédicace, je quittais le salon du livre.

Dans cet exemple, il n’y a pas à proprement parler de proposition subordonnée participiale : c’est moi qui suis lassé, et moi aussi qui quitte le salon. Cela ne signifie pas pour autant que cela soit plus léger à la lecture : question style, il vaut mieux éviter également ces tournures faisant l’usage des participes passé ou présent.

Exemples :
Mes ventes de livres s’envoleront avec le temps.
Je profitais du soleil soudain pour lâcher l’ordinateur et sortir balader.
Je me lassais d’attendre à ma table de dédicace et quittais le salon du livre.

Statistiques :
Le taux de participiales est le ratio du nombre de participiales sur le nombre total de phrases.
— Entre 1 et 1,5 %, il semble qu’on soit dans une moyenne raisonnable…
— … mais si tu peux te situer plutôt entre 0,5 et 1%, ce n’en est que mieux !
— Si ton taux dépasse les 2 %, il semble que tu te situes dans une fourchette vraiment haute : il serait peut-être pertinent de te pencher sur la question.

Le taux de participes présent est le ratio du nombre de participes présent sur le nombre total de verbes.
— Autour de 4%, il semble qu’on soit dans une moyenne raisonnable…
— … mais si tu peux te situer plutôt sous les 3%, ce n’en est que mieux !
— Si ton taux dépasse les 6 %, il semble que tu te situes dans une fourchette vraiment haute : il serait peut-être pertinent de traquer tes participes présent.

Souviens-toi que même un simple usage comme complément de nom est pesant.

Exemple :
J’aime beaucoup le café provenant du Brésil.

On pourrait ici modifier la phrase :
– via une relative : « J’aime beaucoup le café qui vient du Brésil » (mais nous avons vu dans un autre article focus que les pronoms relatifs ne sont pas la panacée).
– via un groupe prépositionnel : « J’aime beaucoup le café du Brésil » (dans l’exemple précédent, le « qui vient » est après tout parfaitement dispensable).
– via un épithète : « J’aime beaucoup le café Brésilien ».

Comme d’habitude, il s’agit d’une gymnastique de l’esprit : si tu n’avais pas conscience de cela avant de lire cet article, peut-être trouveras-tu pesant de débusquer et échanger ces participiales par d’autres tournures. Mais avec l’entraînement, cela te sera de plus en plus naturel.

M’enfin, ce n’est « que » mon avis.


« Cette conclusion me le permettant, je suggère de…
— C’est bon, ta gueule, on a compris. »

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