Être un bon bêta-lecteur

« Je me demande si je suis un bon bêta-lecteur.
— Un bon lecteur, je ne sais pas. Mais… »


Dans l’article Réussir sa phase de bêta-lecture, je donnais des conseils aux auteurs pour organiser la bêta-lecture de leurs livres et en tirer le meilleur parti. Mais sur mon dernier roman, via les messages de mes relecteurs, j’ai réalisé à quel point les personnes doutent de ce qu’elles sont censées dire et de comment elles doivent le faire. Comme je passe moi-même beaucoup de temps en bêta-lecture pour d’autres comparses auteurs, j’ai appris deux ou trois trucs sur le sujet. Voici ce que j’en ai retiré.

Les bêta-lecteurs ont souvent peur :
1) de mal faire (à savoir faire remonter des problèmes qui n’en sont pas et ainsi faire perdre leur temps à l’auteur) ;
2) de blesser l’auteur via leurs critiques.

Voici de quoi esquiver ces deux écueils tout en étant utiles.

Le fond

De quoi a besoin l’auteur pour avancer ? Quelles remarques lui seront utiles ou ne le seront pas ? De mon point de vue, tout ce qui trouble ta lecture lui est utile, c’est-à-dire toutes les pensées parasites qui te passent par la tête pendant que tu as le livre en main.

Lorsqu’on lit , on ne devrait pas voir le temps passer, et on ne devrait penser à rien : plongé dans l’histoire, nous sommes censés dévorer les lignes sans s’arrêter, uniquement concentrés sur l’histoire. Telle est la lecture idéale. Il se trouve que créer l’illusion de fiction et la maintenir fluide toute la durée du livre, c’est justement le job principal d’un auteur. Donc, dès que ton esprit bute sur quelque chose et que tu as une pensée qui sursaute, tu devrais t’arrêter et la noter. De nombreux écueils peuvent venir perturber le fil de ta lecture :

– Si tu trouves une coquille d’orthographe, de grammaire, de typo ;
– Si tu es obligé de relire deux fois le même passage, si tu n’as pas bien compris ce qu’il se passe, si tu ne sais pas qui parle dans un dialogue ou  qui agit dans une scène d’action ;
– Si un évènement ou un personnage te semble incohérent ou illogique ;
– Si tu bailles, si tu as lu un ou plusieurs paragraphes en diagonale, si tu as fermé le livre pour faire autre chose parce que tu t’ennuyais, si cela fait trois jours que le livre est posé sur ta table de nuit sans que tu ne l’ais ouvert alors que tu avais le temps de lire.

Ces éléments sont ton ressenti. Ce n’est pas juste ou faux, bon ou mauvais : c’est juste le résultat de ton expérience de lecture. C’est de cela dont l’auteur a besoin.

« Oui, mais ce n’est peut-être pas la faute du livre, j’étais peut-être fatigué ce jour-là, je n’étais pas dans le bon état d’esprit, ou je suis trop bête pour comprendre. »

J’en ai connu, des auteurs peu sûrs d’eux, mais certains bêta-lecteurs battent tous les records. Ils sont tellement terrifiés à l’idée de signaler de fausses erreurs que s’ils détectent un problème, ils considèrent d’emblée qu’il vient d’eux et non du livre.

Je vais te dire une chose : je ne sais pas. Je ne sais pas si ta remarque est pertinente, si elle vient du livre, si elle vient de toi. Peu importe. On s’en fiche. Tu participes à la bêta-lecture pour fournir ton ressenti de lecture, alors donne ton ressenti de lecture. Exprime seulement comment ta lecture s’est déroulée. Laisse donc l’auteur faire le tri et juger lui-même de l’utilité de tes retours.

De mon point de vue d’auteur, une bonne histoire est un cours d’eau lisse au débit régulier. Elle doit couler toute seule, même si tu es fatigué, malade ou pas très malin. Si tu peines à en suivre le fil, c’est que le récit est trop pâteux ou qu’il y a trop de cailloux au fond du lit.

La forme

Recevoir une critique est une torture pour un auteur. Notre ego est énorme, boursouflé, et donc très (très) sensible. Si tu n’as pas envie de nous faire mal, quelques conseils peuvent t’aider à formuler tes remarques :

Rédige tes phrases à la première personne – Je te l’ai dit plus haut, tu es censé donner ton ressenti, donc rédige-le comme tel. Ne dis pas « le début est ennuyeux et la fin incompréhensible », dis « je me suis ennuyé au début, et je n’ai pas compris la fin ». La première version sonne comme un jugement irréversible, alors que l’affirmation est discutable. La seconde version n’est que l’énoncé d’un fait que l’auteur ne peut contredire : c’est juste ce que tu as ressenti.

Soit spécifique et donne des exemples – Ne dis pas « Les personnages sont incohérents » mais nomme celui qui t’a gêné en particulier. Ne te contente pas de dire « Le personnage de Selim est incohérent ». Montre ce que tu lui reproches. Exemple : « Au chapitre deux, Selim clame haut et fort qu’il n’aime pas se battre, mais dès le chapitre trois il se lance au combat alors qu’il n’est pas obligé, j’ai trouvé cela illogique. » Cela fonctionne pour tout : si tu trouves que l’auteur utilise trop d’adverbes, sélectionne-lui un passage typique où ils sont surabondants. Si tu trouves un chapitre trop long, souligne-lui la différence de taille par rapport à celui d’avant et celui d’après. Etc.

Anecdote personnelle : sur le roman La colère d’une mère, j’ai eu deux retours de bêta-lecture déroutants. Le premier me reprochait des personnages secondaires trop peu approfondis, alors que le second me reprochait des personnages secondaires trop détaillés. C’est le genre de remarque qui peut rendre un auteur fou, mais j’ai mené l’enquête en posant des questions complémentaires. Au final, chacun des bêta-lecteurs avait formulé une remarque généraliste en parlant en fait d’un personnage secondaire spécifique différent : l’un était inutilement détaillé (ce qui laissait à entendre qu’il aurait un rôle important alors que non), tandis qu’un autre n’était qu’esquissé (alors que son rôle méritait mieux).

Ne fais pas de suggestions de changements – Même si tu es auteur toi-même (surtout si tu es auteur toi-même) ne propose pas d’axe d’amélioration. C’est exactement ce qu’on apprend lors d’une formation d’auditeur : souligne ce qui pour toi ne fonctionne pas, mais ne fournis pas de solution de ton cru. Cela vaut sur le fond comme sur la forme : si une phrase te semble maladroite, dis simplement que tu as été obligé de la relire deux fois pour la comprendre, ne la réécris pas à ta sauce ; si tu t’es ennuyé à la lecture d’un chapitre, ne suggère pas une péripétie de ton invention pour relancer l’intrigue.

Je n’ai jamais retrouvé le nom de l’auteur américain dont j’avais lu cette citation, mais en substance il disait : « Quand un lecteur te dit qu’il y a un problème, neuf fois sur dix il a raison ; quand il t’explique comment le résoudre, neuf fois sur dix il a tort. » (c’est tellement vrai…)

Anecdote personnelle : sur le roman Le déni du Maître-sève, une bêta-lectrice trouvait une scène imprécise et m’a expliqué comment je devais la réécrire pour qu’elle soit plus claire. Hélas, ma scène était si mal tournée que la lectrice l’avait carrément comprise à l’envers, et sa proposition était donc l’exact opposé de ce que je devais faire.

Tu n’es pas dans la tête de l’auteur, tu ne sais pas ce qu’il a voulu faire ou  dire. Tu n’as pas la vision d’ensemble : signale donc ce qui te gêne, mais ne pense pas pouvoir résoudre le problème mieux que lui.

Mea culpa : c’est un conseil vraiment important, et en tant qu’auteur je jette à la poubelle toutes les suggestions d’amélioration qu’on me fait (le plus souvent en poussant un long soupir théâtral). Pourtant, je dois confesser que je suis le premier à bafouer cette règle lorsque je bêta-lis, et je m’en excuse auprès des auteurs concernés. Je me soigne, et essaie désormais de ne proposer des choses que dans un cadre d’illustration de mon discours (en exemple, pour mieux expliquer ma remarque et mieux me faire comprendre).

Souligne aussi ce que tu as aimé – S’il est capital pour l’auteur de savoir ce qui ne marche pas dans son récit, il est tout aussi important dans cette phase de lui souligner ce qui a particulièrement bien fonctionné. Cela lui permettra 1) de ne pas toucher par mégarde à un passage qui fonctionne, 2) de prendre exemple et capitaliser sur ses qualités. Continue de respecter les règles ci-dessus (écris à la première personne, soit spécifique et précis), et indique ce que tu as aimé (ton personnage préféré, une scène qui t’a marqué, un passage vraiment bien tourné, un retournement de situation que tu n’avais pas vu venir). Par contre, n’invente pas des compliments : lancer des fleurs fantômes dans le but d’atténuer des critiques fait plus de mal que de bien. Si tu n’as vraiment rien apprécié, autant ne rien dire.

Dans tous les cas, n’oublie pas que c’est l’auteur qui t’a demandé ton aide. Il est demandeur de ton travail. Et ce dont il a besoin, c’est de voir remonter à la surface ce qui peut gêner la lecture. Donc ne te pose pas plus de questions que cela : lis, note ce qui t’a perturbé, dis-le de façon précise et claire. C’est long (donc merci à toi !) mais ce n’est pas plus compliqué que cela.

M’enfin, ce n’est que mon avis…


« Est-ce que ça existe les bêta-auteurs ?
— Je crois que j’en connais un… »

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[SCRIBBLOG] Motivations des personnages : le pourquoi et le comment

[Que sont les articles du Scribblog ? C’est expliqué ICI]

Nouvel article de conseil d’écriture posté sur le blog de la plateforme Scribbook :

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Un élément crucial lorsque vous créez vos personnages est de leur fournir de solides motivations. Malheureusement, ce n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît : ce qui motive vos personnages doit tout à la fois être puissant et crédible, tout en ayant un lien avec l’histoire dans son ensemble. Dans cet article, nous étudierons les motivations et comment il est possible de les mettre en avant dans vos récits.

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Règle Pixar [12] : Puiser tout au fond de la source à idées

Discount the 1st thing that comes to mind. And the 2nd, 3rd, 4th, 5th. Get the obvious out of the way. Surprise yourself.

Mets de côté la première chose qui te vient à l’esprit. Ainsi que la seconde, la troisième, la quatrième, la cinquième. Écarte ce qui te paraît évident. Surprends-toi.


Les règles d’or Pixar sont intéressantes à plus d’un titre, et certains conseils nous surprennent parce qu’on ne les avait pas entendus ailleurs. Ce n’est pas le cas de cette injonction-là : si tu es auteur, on te l’a déjà assénée cent fois. Si tu lis des guides d’écriture, tu l’as peut-être déjà vue chez Stephen King ou Orson Scott Card.

Cette règle 12 pousse les auteurs à se méfier de leurs premières idées : elle part du principe que pour surprendre le lecteur, il faut se surprendre soi-même. Pour cela, mieux vaut ne pas écrire la première chose que notre cerveau imagine. Parce que si c’est la première chose à laquelle on pense, alors il y a beaucoup de chances pour que les autres y aient pensé aussi…

L’imitation comme premier facteur d’apprentissage

Je ne résiste pas à l’occasion de te faire lire cet excellent strip du dessinateur Boulet, élégamment intitulé « Fuck Peter Pan ». Si tu as la flemme de le lire (tu as tort), je te résume : les enfants, contrairement à la croyance populaire, n’ont AUCUNE imagination. Ils sont très forts pour croire à des choses qui n’existent pas, mais très mauvais pour les inventer.

Quand il ne maîtrise pas un sujet, l’être humain apprend soit par essai/échec, soit par mimétisme. Copier les attitudes et mimiques des parents est souvent inconscient de la part de l’enfant ; tout comme reproduire les histoires des autres est souvent inconscient chez l’écrivain novice. Beaucoup d’auteurs sont de grands enfants : ils imaginent un héros, tout fiers de l’avoir « inventé », sans réaliser que le personnage en question n’est qu’une copie d’un personnage déjà existant ; sans réaliser que tout ce qui lui arrive n’est qu’une succession de situations clichées.

Pour écrire nos propres histoires, il nous faut donc « grandir » et réussir à faire preuve d’imagination à notre tour.

Écarter les premières idées

« Je fais un personnage qui marche dans la forêt… Qu’est-ce qui lui arrive après ?
— Y rencontre un loup ! »

En dépit de mon âge, je l’avoue bien volontiers : à la mise en situation de Boulet, l’espace d’une demi-seconde, la première image qui vient à mon esprit d’adulte est bel et bien un loup. Pas toi ? Et si ce n’est pas le loup, quelle est la première chose qui fait « pop » dans ton cerveau à la mention de la forêt ? (ça m’intéresse tiens, dis-moi en commentaire.)

Le personnage rencontre-t-il quelqu’un (une sorcière, un bûcheron, une fée) ? Croise-t-il un animal (un cerf, un sanglier, un corbeau) ? Ou se voit-il confronté à un problème lié à sa situation (il se perd, tombe sur un ravin ou une rivière infranchissable) ?

Le point commun de toutes ces idées est que je n’ai pas eu besoin d’y réfléchir pour te les citer. Ce sont des éléments qui me viennent spontanément à l’esprit si on me propose de raconter l’histoire d’un personnage en forêt… et donc, si je devais raconter l’histoire de ce personnage, je ne choisirais AUCUNE de ces idées-là. Pourquoi ? Parce que si elles me viennent si spontanément, c’est parce qu’elles ne sont pas MES idées. Ce sont des situations déjà tellement usées jusqu’à la corde qu’elles font partie de notre ADN de conteurs. Des automatismes.

Faux ? Si c’est ce que tu penses, regarde un peu les séries de fantasy où l’un des héros est lié à un animal de la forêt. Combien ont pour allié un écureuil et combien ont un loup ? Des Stark de GRR Martin à Oeil-de-nuit chez Robin Hobb, de Princesse Mononoké de Miyazaki jusqu’à plusieurs ouvrages autoédités que j’ai vu passer récemment (déjà deux rien que cette semaine) : la fantasy est littéralement infestée de loups (grâce à la magie d’internet, j’espère pour de vrai que quelqu’un me citera un livre où l’allié du héros est un écureuil).

Tu aimais bien le loup ? Tu peux le garder, si tu veux. Tu es l’auteur : si ça te fait plaisir, tu peux. En plus, plein de gens adorent les loups (parce qu’ils ont lu et entendu les mêmes contes que toi étant petits). Mais pour surprendre ou être mémorable avec un loup, il te faudra surpasser tous ceux qui ont déjà écris des loups (dont des poids-lourds comme Martin, Hobb ou Miyazaki : bonne chance).

Écarter les deuxièmes idées

Si je t’ai convaincu de jeter à la poubelle ta première idée, tu vas donc en chercher une autre. Si tu dois renoncer au loup, peut-être vas-tu choisir un cerf ? C’est classe comme animal forestier, le cerf. Ah zut, cela te fait penser au Patronus de Harry Potter ou à la Chasse Royale de Jaworski (voire aux montures de Mémoires du Grand Automne).

Et oui, le problème, c’est que ce conseil Pixar est très connu, depuis très longtemps, et que beaucoup d’auteurs savent qu’il vaut mieux jeter le loup. En conséquence, les idées qui viennent ensuite ont été – elles aussi – pas mal utilisées.

Écarter les troisièmes idées

En général, à ce stade de la réflexion, l’auteur se met en quête d’originalité à tout prix : adieu loup, cerf et sanglier. Même le lapin et l’écureuil ne semblent plus assez atypiques pour l’auteur agacé. La troisième idée est souvent de prendre l’absolu contre-pied. Genre, un tapir. Ou un rouge-gorge unijambiste qui sifflote l’air de la traviata (« c’est bon, personne ne l’a utilisée cette idée-là ? »).

Non, personne ne l’a utilisée. Tout comme il est rare que la suite d’une histoire débutant par « le personnage marche dans la forêt » soit « il rencontre une soucoupe volante ». Parce que oui c’est surprenant, mais ça manque de logique, de sens, de lien. L’originalité ne doit pas être un objectif en soi ni la raison d’être de tes choix : la plupart du temps, l’originalité ne mène nulle-part.

Ceci étant dit, si prendre systématiquement le contre-pied des clichés peut vite devenir absurde, ce peut aussi être le point de départ d’une vraie réflexion de fond, une vraie opportunité de faire le ménage dans notre esprit d’auteur et de regarder notre récit avec un œil vraiment neuf, sans a priori. Tu écris de la fantasy ? Tu es LIBRE : pourquoi te sens-tu obligé(e) d’y mettre un dragon, des elfes et de la magie ? Je ne te dit pas de ne pas en mettre (bon, en fait si, je t’ai déjà conseillé ça ICI), je te demande de réfléchir à pourquoi tu souhaites en mettre. La vraie raison. Si tu es honnête avec toi-même, tu verras que la réponse sera souvent « parce que c’est la première chose qui m’est venue et je n’ai pas cherché plus loin, je n’ai pas pensé une seule seconde que je pouvais faire autrement ».

Donc : jette tes premières idées. Décider de ce que tu ne mettras PAS dans ton histoire est déjà une forme d’avancement.

À toi de voir ensuite quelles idées neuves pourraient avoir du lien avec ton histoire et combler l’espace laissé vacant par la disparition de ces personnages ou situations convenu(e)s.

Viser « personnel » plutôt que « original »

Viser l’originalité revient à vouloir faire quelque chose qui n’a jamais été fait avant. Outre que c’est quasiment impossible, cela représente beaucoup d’efforts pour un retour sur investissement plus faible qu’on ne le croit : être original, ce n’est pas être bon. Et si personne ne l’a fait avant, c’est peut-être parce que personne n’y a pensé… mais plus probablement parce qu’il y a de bonnes raisons de ne pas le faire.

Non, encore une fois, je ne t’encourage pas à être « original », et je ne crois pas que ce soit le message de Pixar non plus : essaie plutôt d’être « personnel ». Casse la couche de glace qui s’est formée à la surface de ton puits à idées, là où stagnent et se figent tous les clichés. Puise plus profond. Les idées qui dorment là-dessous sont elles aussi des reliquats d’histoires lues ailleurs, mais ce qui est « toi » c’est ce cocktail, ce mix unique d’influences disparates. Que tu aies vingt ans, quarante ou soixante, tu es un assemblage hétéroclite d’expériences. Cherche tes idées « là », dans l’association des différents éléments qui te constituent : combine les lieux que tu visites, les univers que tu apprécies, les gens que tu fréquentes. Cherche ce qui est « toi », développe une thématique qui TE tient à cœur et fais-le à TA façon.

Ne fais pas quelque chose « parce que les autres le font comme ça ». Ne fais pas non plus le contraire « parce que tu ne veux pas faire comme tout le monde ». Fais ce qui te semble bien à toi. Et pour ce faire, rejette tes premiers choix (qui ne sont pas LES TIENS puisque tout le monde les fait).

Je te promets alors que tu te surprendras toi-même. Et nous avec.

M’enfin, ce n’est que mon avis…


« Hey, j’ai une idée pour la conclusion !
— C’est ta première ?
— Euh… oui.
— Alors on ne la fait pas.
— …
— …
— Dommage, elle était super. Avec un loup. »

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[EXTRAIT] Les ombres de Wielstadt / Pierre Pevel

En fait de coup de masse, Kantz enfonça la porte branlante d’un grand coup de botte. Une chandelle à la main, il tenta de percer les ténèbres qui s’ouvraient devant lui.
La lumière ne portait guère.
Abandonnant la bougie en bas du petit escalier à vis, Kantz dénuda sa main gauche et glissa le gant à sa ceinture avant de tirer sa rapière.
Il entra.
Un froid humide et glacial régnait dans la cave. Une odeur de poussière, de bois pourri et de vieille pierre flottait dans l’air immobile. Les derniers rats que les coups portés contre la porte n’avaient pas effrayés s’enfuyaient maintenant en couinant. La plainte du vent semblait très lointaine.
Kantz fit quelques pas prudents, tous les sens en éveil. Un fugitif reflet pourpre parcourut la lame nue de sa rapière, de la garde à la pointe. Ce qu’il ne voyait pas, le chevalier pouvait le deviner. Immobile, il balaya la pénombre du regard et marmonna quelques mots dans un idiome étrange qui pouvait être de l’hébreu, la langue sacrée de la kabbale.
Un feulement rauque retentit alors.
Kantz sourit : il ne s’était pas trompé.
« Montre-toi, dit-il à voix haute tandis que la paume de sa main gauche le picotait. Tu sais que je finirai par te débusquer… »
Un deuxième feulement lui répondit.
« Tu peux parler, je le sais… Je connais ta race comme tu me connais.
— Maudit sois-tu, chasseur », fit alors une voix gutturale et haineuse.
Dans la cave vide, les mots résonnaient et pouvaient venir de partout. Très calme, Kantz regardait alentour sans presque bouger : seuls ses yeux gros allaient de droite à gauche.
Une sueur glacée commença de lui couler le long de l’échine…
Il fit un pas, deux pas, trois pas. Le pentacle tatoué sur sa paume le démangeait plus de seconde en seconde.
« Tu ne peux t’échapper, démon. Mais je puis te laisser retourner vers l’Ombre.
— Mensonge ! »
À gauche, songea Kantz.
Oui, la voix rauque venait de sa gauche. Il pouvait en jurer mais ne laissa rien paraître.
« Pourquoi te mentirai-je ?
— Les chasseurs nous traquent et nous tuent. C’est la règle. Tu es chasseur. »
Il y avait presque du dépit dans le ton, de la résignation en tout cas.
N’y voyant goutte, Kantz devait forcer son adversaire à se découvrir, à avancer dans la lumière, à fuir la cave pour se jeter dans le piège qui lui était tendu.
« Devrai-je te laisser voler le peu de force qui reste à ta victime ? Elle est vieille et déjà bien faible. Elle mourra bientôt si je te l’abandonne.
— Qu’importe une âme de plus ou de moins en ce monde ? Il y en a tant… Et des plus vives !
— Soit. Je t’abandonne cette âme.
— Que dis-tu ?
— Je te l’abandonne, mais qu’adviendra-t-il ensuite ? Tu voudras te repaître d’une âme plus jeune et plus forte. Ta faim ne faiblira jamais, démon. Nous le savons l’un comme l’autre… »
Lentement, Kantz pivota sur sa droite, offrant le spectacle de son dos à la créature tapie dans l’ombre. L’occasion était trop belle ; la tentation, trop forte. Percevant l’impatience du démon, le chevalier amorça un compte à rebours.
Trois…
« Eh bien ? Tu ne réponds plus ? »
Deux…
« Y es-tu, démon ? »
Un…
« Qu’attends-tu donc ? »
Maintenant !
Une forme grotesque jaillit soudain du néant pour se jeter sur Kantz. Il fit volte-face, frappa au jugé. Quand sa lame rencontra une chair honnie, un éclair pourpre éclata et un gémissement douloureux retentit. Mais dans la même seconde, un corps le heurta de plein fouet et le renversa. Le souffle coupé, Kantz n’eut que le temps de voir une ombre claudicante se ruer hors de la cave. Il se releva, se précipita à sa suite, gravit les marches quatre à quatre, arriva dans le couloir…
La créature s’y trouvait encore. Haut d’à peine un mètre, c’était un gnome difforme et nu, aux jambes courtes et noueuses, aux bras démesurés. Il portait à la cuisse, là où Kantz l’avait atteint, une profonde blessure qui ne saignait pas. Sa peau rosâtre était couverte d’ulcères suintants. Bossu, il n’avait ni cou, ni lèvres, ni nez. Sa tête semblait être une figure de cire ramollie par une chaleur trop vive ; on y retrouvait les traits torturés de madame Gebücher.
Paniqué, le démon allait dans le couloir d’une porte grande ouverte à l’autre, reculant à chaque fois devant le cierge consacré qui y brillait. Sans jamais interrompre sa ronde vaine, il poussait des grognements frustrés où se mêlaient la peur et la colère. Une seule issue : l’escalier de la cave, que gardait Kantz.
Quand il fit à nouveau mine de franchir la porte menant à la salle à manger, Hannelore qui s’y trouvait avec Jacob hurla d’effroi. Kantz entendit le coup de pistolet que le protestant tira par réflexe et vit le gnome chanceler sous l’impact. Mais la balle ne fit guère plus, et c’est tout juste si le démon contrefait y prit garde, trop occupé qu’il était à chercher une issue qui n’existait pas.
Enfin, la créature accepta l’inéluctable et, de l’autre bout du couloir, fit face à Kantz qui l’attendait, le regard sûr.
Avec un hurlement de rage, elle courut vers lui, prit son élan, bondit.
De profil, sa rapière suivant la ligne de sa jambe droite en retrait, Kantz tendit le bras gauche. Il ouvrit la main, exhiba sa paume tatouée au démon terrifié. Le pentacle rougeoya comme une braise attisée.
« Meurs », ordonna Kantz.
Le démon poussa un cri strident d’agonie.
Il n’était déjà plus que vapeur lorsqu’il arriva sur son bourreau.

Les ombres de Wielstadt – Pierre Pevel (extrait)


[Que sont les articles « Extraits » ? C’est expliqué ICI]

Ressenti personnel

Cela faisait longtemps que je voulais parler de cette série, mais j’ai hésité sur l’extrait. Ma première idée était de profiter de la grande maîtrise de Pevel dans l’usage du narrateur omniscient pour t’en montrer un bon exemple. Mais j’ai finalement choisi l’une des toutes premières scènes, qui fait office d’ouverture et de scène d’exposition : le chevalier Kantz se rend au domicile d’une vieille dame sur le point de mourir, que ses proches pensent possédée.

La scène est classique : on appelle le héros à la rescousse pour défaire un monstre (ce qu’il fait évidemment sans grand problème). Le chapitre m’avait marqué par son efficacité.

  • la langue est soutenue et tout en élégance.
  • j’ai aimé la façon dont la scène nous faisait une promesse : celle de lire un récit de cape et d’épée à la sauce dark fantasy (si cette promesse te fait envie, tu peux te lancer dans la trilogie en entier, elle est tenue).
  • mais surtout, le texte est limpide quant à son déroulement, ce qui n’est pas toujours simple lors d’une scène d’action.

En tant qu’auteur, c’est ce qui m’a le plus impressionné à la première lecture : avec des phrases et un vocabulaire qui paraissent très simples, avec une économie de mots, Pierre Pevel réussit à nous décrire les événements d’une façon incroyablement claire.

Ex : « De profil, sa rapière suivant la ligne de sa jambe droite en retrait, Kantz tendit le bras gauche. Il ouvrit la main, exhiba sa paume tatouée au démon terrifié. Le pentacle rougeoya comme une braise attisée. »

Tu peux fournir ces trois phrases à plusieurs illustrateurs différents : je te garantis que toutes les versions de Kantz adopteront rigoureusement la même posture. Nous avons tous la même image en tête.

Un modèle de scène d’exposition

Dans le format « intégrale » en ma possession, cet extrait occupe environ trois pages. Et en seulement trois pages, nous accumulons un nombre incroyable d’éléments d’exposition, en particulier sur le héros que nous nous apprêtons à suivre sur trois tomes.

C’est dans l’adversité qu’un personnage se révèle, et Pevel se sert de cette première confrontation pour nous le présenter. Il nous montre Kantz pour ce qu’il est : le protagoniste principal d’un cycle de dark fantasy, autant dire pas un enfant de chœur (c’est presque une private joke à moi-même : en fait si, à l’origine, il en est un). D’un côté, on constate que Kantz est courageux (il descend seul à la cave et fait front tout du long avec assurance), astucieux (il a tendu un piège bien ficelé) et puissant (on voit qu’il manie avec brio une rapière qui semble magique, et que son pentacle lui confère un pouvoir surnaturel). De l’autre, il nous est montré comme violent (dès l’ouverture de la porte en première ligne, jusqu’à sa dernière réplique), sans pitié, et n’hésitant pas à recourir au mensonge ou la manipulation pour arriver à ses fins. C’est clairement expliqué dans ce passage : il est un chasseur de démons. C’est écrit en toutes lettres et c’est le dernier mot de cet extrait : il est un bourreau.

Si un autre élément est limpide, c’est la couleur religieuse qui teintera le récit à venir : les imprécations en hébreu, le pentacle tatoué sur sa paume, sa connaissance profonde du démon, les cierges consacrés qui servent à capturer ce dernier, jusqu’à l’enjeu du combat (l’âme d’une défunte).

La tournure des dialogues (cf. la scène du compte à rebours), les bottes et la rapière font de Kantz un personnage qu’on aurait pu retrouver au théâtre ou sous la plume de Dumas au côté de D’Artagnan ; et en même temps son côté ombrageux, religieux et sans pitié rangent plutôt Kantz dans la droite lignée d’un Solomon Kane.

Le tout en trois pages, donc.

Étude statistique

Voici le résultat de l’étude statistique de ce passage (cf. articles focus sur ce blog) :

wielstadt

Dans un style très différent de ce que nous avons lu de Stefan Platteau, nous voyons que les statistiques de Pevel sont elles aussi indéniablement dans le vert (dix sur seize en « vert foncé »). Soulignons une moyenne de mots par phrase très basse (moins de 11) et l’absence totale de phrase longue. En dépit d’une langue élégante et soutenue, l’ensemble est très facile à parcourir et se lit tout seul.

Seuls deux chiffres aux valeurs élevées ressortent :

  • un nombre de participes présents un (tout petit) peu au-dessus de la moyenne de référence. Si cela ne t’a pas choqué en première lecture, tu t’en rendra compte à la relecture (il y en a huit dans ce court extrait). Cela reste dans des taux « normaux », et il faudrait pouvoir calculer la statistique au niveau du livre entier pour savoir si c’est un effet ponctuel ou récurent chez Pevel. Le taux n’est pas assez élevé pour être qualifié de « travers », et le taux de participiale – lui – est bas.
  • la statistique « phrase sans verbe » s’affiche en rouge, mais pour le coup l’explication est toute simple : sur les sept détectées par le logiciel, quatre concernent le compte à rebours de Kantz (« Trois… deux… un… Maintenant ! »). Sans cela, la statistique retombe à 3,33%, un taux plutôt bas ! (c’est le piège de réaliser des calculs sur des passages si courts ;))

M’enfin, ce n’est que mon avis…


Et toi, que t’évoque cet extrait ? Qu’as-tu à dire sur ce passage ?
Discutons-en en commentaires !


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[SCRIBBLOG] Esquisser une histoire courte en sept étapes

[Que sont les articles du Scribblog ? C’est expliqué ICI]

Nouvel article de conseil d’écriture posté sur le blog de la plateforme Scribbook :

scribbook-blog-histoire-7-etapes

Si vous avez maintes idées originales mais du mal à les organiser, essayez d’utiliser la méthode décrite ici pour construire une histoire courte. Attention, ce n’est pas la clé pour écrire tous les récits imaginables, mais cela devrait vous aider à cadrer votre conflit central, créer un personnage proactif et façonner une fin satisfaisante. Et même si vous vous écartez du chemin, vous aurez au moins pris pied dans l’élaboration d’un récit captivant.

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[SCRIBBLOG] Adaptation française des articles du site Mythcreants

Connais-tu Mythcreants ?

Ce site est une ressource formidable d’articles liés à l’écriture et la dramaturgie. Il est orienté SFFF (science-fiction, fantastique et fantasy), mais en réalité les articles concernent la narration en général et intéresseront tous les types d’auteurs. Si tu lis l’anglais, je ne peux que te conseiller d’aller le visiter (et je te promets que tu en deviendras très vite accro).

mythcreants

Si l’anglais te pose problème, saches que la plate-forme d’écriture Scribbook a obtenu l’aimable autorisation de Mythcreants pour traduire et adapter leurs articles en français. Je suis moi-même partenaire de Jonathan Kalfa, le créateur de Scribbook, et ensemble nous publions désormais des adaptations françaises de certains articles. Tu verras que les thématiques et les sujets rebouclent bien souvent avec ceux abordés ici. En plus de mon blog personnel tu peux donc désormais me retrouver de temps à autres sur le scribblog de Scribbook.

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Liste des articles [SCRIBBLOG] disponibles :
– Esquisser une histoire courte en sept étapes
(article original : Chris Winkle, adaptation française : Jonathan Kalfa)
Motivations des personnages : le pourquoi et le comment
(article original : Chris Winkle, adaptation française : Stéphane Arnier)

 


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Règle Pixar [11] : Une histoire de formalisation

Putting it on paper lets you start fixing it. If it stays in your head, a perfect idea, you’ll never share it with anyone.

Mettre tes idées sur papier te permet de leur donner corps. Si elles restent dans ta tête et demeurent de parfaits concepts, tu ne les partageras jamais avec qui que ce soit.


[Que sont les règles d’or Pixar ? C’est expliqué ICI]

Si tu suis cette série sur les règles d’or Pixar, tu auras remarqué que plusieurs d’entre elles ne concernent finalement ni l’écriture, ni la dramaturgie : ce sont de simples conseils créatifs, qui valent tout aussi bien pour autre chose que l’écriture de fiction.

Cette règle N°11 pousse les auteurs à formaliser leurs idées, à les coucher sur papier d’une façon ou d’une autre, afin de les autoriser à avoir une existence. Car, pour qu’une idée puisse être travaillée (malaxée, taillée, ciselée, fusionnée), elle doit passer du statut de simple concept à celui de matériau tangible et exploitable.

Regarder l’idée de l’extérieur

Il m’est déjà arrivé de t’encourager à mener tes réflexions par écrit, souviens-toi ! Dans mon post sur les prologues, je t’incitais à lister de façon claire les éléments à transmettre à ton lecteur. Dans mes articles sur la création de personnages, je te proposais des questions à bosser sur papier. Quand nous avons décortiqué ensemble la règle Pixar N°10, c’était là encore l’un de mes conseils.

Pourquoi ? Parce que ton cerveau est très doué pour te gruger. Tant que ton idée reste un concept dans ta tête, elle est floue, et il est difficile d’y voir des imperfections. Les idées qu’on a en tête sont toujours extra ! Or, tu dois leur donner corps : cette étape change tout.

1) parce que tu vas parfois te rendre compte que tu as du mal à formaliser des éléments qui te semblaient pourtant clairs.

« Ce qui se conçoit bien s’énoncent clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément » (Boileau, L’Art poétique)

2) parce que sortir les idées de ta tête te permet de les contempler de l’extérieur, avec du recul… et bien souvent de redescendre sur terre quant à leur potentiel dramatique.

3) parce que très vite tu vas être obligé de structurer ton document. Peu en importe la forme : notes manuscrites ou informatiques, schéma d’idées reliées par des bulles, premiers brouillons de texte, tu vas devoir les organiser, les regrouper, les trier. La création, c’est mettre de l’ordre dans le chaos.

Ressources partagées

Ce conseil Pixar est à double sens :

1) c’est en premier lieu un encouragement à se lancer. Tu as une idée ? Ne la garde pas dans ta tête, sinon tu n’en feras rien et jamais personne n’en profitera.

2) c’est ensuite une « bonne pratique » de travail. Tu as une idée ? Pose-là sur la table, là, devant toi. C’est comme quand tu fais un puzzle : étale les pièces à ta disposition, mets-les dans le bon sens, même si tu sais qu’il t’en manque encore les trois-quarts.

En ce qui me concerne, c’est mon moyen à moi de réfléchir. Peut-être est-ce une disposition particulière de l’esprit à ce moment-là ? C’est en écrivant mes idées (même sous forme de simples notes, voire même SURTOUT ainsi) que je réalise si elles ont un réel potentiel ou pas. Je vais même te révéler un toc personnel : je me parle à moi-même, dans ces fichiers-là. J’y ai toujours deux couleurs, une pour les idées que je note, et une pour les remettre en question. C’est mon petit côté schizo : non seulement je note mes idées, mais aussi mes doutes ou mes interrogations à leurs sujets. Très pratique, surtout lorsque je sais que je n’aurais pas l’occasion d’exploiter cette idée avant plusieurs mois…

Cela donne des choses du genre :
exemple_pixar11

extrait d’un brainstorming personnel sur Mémoires du Grand Automne (2012)

C’est aussi une façon d’avancer : d’abord je jette mes idées en vrac sur le document, sans me brider. Puis un autre jour je change de couleur et relis mes notes en les remettant en question, en les critiquant, en les questionnant, en les annotant. Puis un troisième jour je reprends la couleur initiale et j’essaie de répondre aux interrogations soulevées en couleur. Etc. Cette sorte de ping-pong avec moi-même se poursuit jusqu’à ce que la voix « en couleur » ne trouve plus rien à redire.

Un matériau exploitable

À partir du moment où tu as commencé à mettre tes idées sur papier, elles ne sont plus intangibles. Elles sont devenues un matériau de travail, une matière première. Et bonnes nouvelles :

– C’est une ressource inépuisable. Non seulement extraire les idées de ta tête n’épuise pas ton cerveau, mais en plus c’est un peu comme un champ cultivé : il faut récolter si tu veux que d’autres idées poussent derrière.

– On n’a jamais trop de matière première. Tu n’es pas obligé de tout utiliser pour ton livre en cours, et les idées n’ont pas de date de péremption. Ton cerveau peut les oublier, mais à partir du moment où elles sont notées quelque part, tu pourras toujours les utiliser un jour (parfois des années après les avoir eues).

Alors note ! Note tes idées !

M’enfin, ce n’est que mon avis…


« Il veut dire quoi quand il parle de son « côté schizo » ?
— Aucune idée. »

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