7 raisons de ne pas débuter sa carrière d’auteur par une série

« On se fait une intro sympa ?
– On a plutôt intérêt, sinon personne ne va lire la suite… »


Je ne suis pas « anti-série ». Je serai bien mal placé pour te tenir un tel discours, d’ailleurs, puisque mes premiers romans publiés forment… une série. Néanmoins, j’ai eu de la chance. Beaucoup de chance. Avec le temps, j’ai réalisé que j’avais été fou de débuter ma carrière d’auteur par une saga de fantasy, et il est peut-être pertinent que je t’avertisse de certaines choses. Des choses que je n’ai comprises que sur le tard, et qu’il vaut sans doute mieux savoir avant de se lancer.

1) Il est difficile de faire publier un tome 1.

N’y allons pas par quatre chemin : les éditeurs sont frileux au sujet des séries, tout spécialement s’il s’agit du premier roman de l’auteur. Si tu n’as rien publié d’autre, si tu n’es pas connu(e), il te sera plus difficile de convaincre un éditeur avec un premier épisode d’une série qu’avec un livre qui se suffit à lui-même.

2) Il est difficile de vendre un tome 1.

« Désolé, mais je n’achète jamais le premier tome d’une série si la suite n’est pas disponible ». Combien de fois ai-je entendu l’argument en salon ? Je le comprends tout à fait : en tant que lecteur je fais pareil. En tant qu’auteur, il faut avoir conscience que ton tome 1 aura du mal à se vendre justement à cause de son statut de « début de série ».

3) Si le tome 1 est raté, c’est foutu.

C’est la loi du marché : désormais tout est noté, évalué, commenté. Si ton premier tome reçoit de mauvais commentaires d’entrée de jeu et qu’il ne rencontre pas son public, vendre la suite deviendra un calvaire, même si celle-ci est de qualité. C’est une sacrée pression, pour un auteur novice : un premier roman est rarement un livre exceptionnel, or l’existence même des suivants reposera dessus.

4) Tes ventes seront forcément décroissantes

Si tu écris un livre et que sa réussite est modeste, tu peux toujours espérer que ton roman suivant sera mieux accueilli et que tu en vendras plus. Mais lorsqu’on écrit une série, cet espoir est vain : non seulement personne ne lit un second tome sans avoir lu le premier, mais en plus il y a toujours déperdition de lecteurs d’un opus à l’autre. Tu es donc certain à 100% de vendre de moins en moins à chaque épisode.

(Tout n’est pas noir non plus hein : la communication que tu feras à la sortie d’un nouveau tome relancera les ventes du premier, cf. point N°2. Mais gare au point N°3 !).

5) Il faut avoir une motivation sur le long terme

Je te passe le discours « ouh là là, écrire c’est dur ! ». Tu le sais. Donc tu devines bien qu’écrire une série, c’est forcément plus difficile (d’un point de vue du récit, de la structure, de la cohérence, de l’intérêt, etc.). Mais ce qu’on ne réalise pas toujours, c’est à quel point c’est LONG. T’engager sur la voie de la série, c’est partir pour un voyage de plusieurs années (je te le répète en majuscules : PLUSIEURS ANNÉES).

Tu te sens motivé(e) aujourd’hui, mais sans vouloir jouer l’oiseau de mauvais augure, ton histoire te motivera-t-elle toujours dans trois ans ? Dans cinq ? On change, en cinq ans. Tu auras évolué, lu d’autres histoires, développé d’autres envies. Une série, c’est une prison ; pas forcément une prison désagréable (puisque tu l’as créée à ton goût), mais une prison quand même. Prie pour que tes goûts restent stables dans le temps.

6) Tu n’es toujours jugé que sur ton tome 1

Si tu travailles correctement et régulièrement, tu t’amélioreras avec le temps. Si tu fais ce qu’il faut, ton second livre sera meilleur que le premier, le troisième meilleur que le second, etc. Néanmoins, les curieux n’auront pas d’autre choix que de te découvrir par ton tome 1. Je te préviens, cela peut être un peu frustrant.

7) La série est la porte ouverte à l’inutile

Lorsqu’on est novice, on a tendance à trop en faire. Nombreux sont les conseils d’écriture qui rappellent aux auteurs de beaucoup couper, de ne pas digresser, de rester focalisés sur ce qui est important pour l’histoire. Se lancer dans une série, c’est ne pas se mettre de barrières, alors que lorsqu’on débute c’est (peut-être) justement le moment où on en a le plus besoin. S’obliger à ne pas partir dans tous les sens et canaliser ses premières envies dans un cadre restreint peut être une stratégie plus efficace.

M’enfin, ce n’est que mon avis…

PS : pas convaincu(e) ? Toujours motivé(e) ? Tant mieux : moi, j’aime les séries.


« On se fait une conclusion sympa ?
– Boarf, garde-en un peu sous le coude pour le tome 2… »

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[SCRIBBLOG] 12 traits pour faire aimer votre héros

[Que sont les articles du Scribblog ? C’est expliqué ICI]

Nouvel article de conseil d’écriture posté sur le blog de la plateforme Scribbook :

scribbook-blog-12-traits-pour-aimer-heros

Un héros qu’on apprécie est l’ingrédient indispensable d’une bonne histoire. Malheureusement, aimer le personnage en tant qu’auteur ne garantit en rien qu’il sera aimé de votre lectorat. Afin de favoriser l’attachement d’un large public, donnez à votre protagoniste quelques traits qui le rendront appréciable. Montrez ces traits dès le début de votre histoire : cela permettra au personnage de faire une première bonne impression.

Quels sont les traits qui font aimer un personnage ? En voici une douzaine. Afin de mieux comprendre pourquoi et comment ils fonctionnent, ils sont regroupés en trois catégories : compassion, altruisme et divertissement.

[Lire la suite >>>]

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Règle Pixar [14] : une affaire de besoin personnel

Why must you tell this story ? What’s the belief burning within you that your story feeds off of ? That’s the heart of it.

Pourquoi dois-tu absolument raconter cette histoire ? Quelle est la conviction profonde qui alimente ton récit ? C’est ça qui lui donne son sens.


[Que sont les règles d’or Pixar ? C’est expliqué ICI]

Nous vivons une ère de divertissement. Soit. Pourtant, les histoires qui restent dans les mémoires et deviennent cultes ont une chose en commun : elles ne servent pas seulement à passer du bon temps. Elles véhiculent quelque chose ; une question, une conviction, un message. Elles comblent un besoin.

Ce conseil Pixar fait le lien avec deux autres conseils déjà passés en revue, et t’incite à regarder en toi-même pour trouver « de quoi se nourrit » l’histoire que tu es en train d’écrire. Parce que les récits sont comme les enfants : pour bien grandir, ils doivent s’alimenter correctement.

Les bonnes histoires comblent un besoin. Et nous allons voir que pour combler ce besoin, tu dois être conscient des tiens, de besoins.

Le chaînon manquant

Il y a un drôle d’écho quand on lit ce conseil N°14. Souviens-toi :
– dans le conseil N°10, Pixar t’incitait à chercher en toi-même l’ADN commun de tous tes récits.
– dans le conseil N°3, Pixar t’incitait à trouver ton thème (même s’il est parfois difficile à cerner avant la fin du premier jet).

Le conseil d’aujourd’hui fait le lien entre les deux, et te pose les questions suivantes : « cette histoire que tu es en train d’écrire, de quelle partie de toi provient-elle ? Au-delà de l’envie de la raconter, pourquoi est-ce important pour toi de lui donner vie, à celle-ci et pas une autre ? »

Pour être clair, Pixar te demande de mettre de côté ton *désir* pour t’interroger sur ton *besoin*.

Où vais-je ? Dans quel état j’ère ?

Tu te souviens de la différence entre désir et besoin ? Au fond, ce conseil Pixar, c’est à cela qu’il t’incite : distinguer ce que tu as envie d’écrire du besoin qui t’anime à l’intérieur.

Souvent, les héros de nos livres n’ont pas conscience de leurs besoins profonds. Il en va de même dans la vraie vie, pour beaucoup de gens, et les auteurs n’échappent pas à la règle. Or, tu commences à savoir comment ça marche, la dramaturgie : tu sais bien que le désir du personnage l’entraîne généralement sur un chemin différent de celui qu’il faudrait pour satisfaire son besoin.

L’idée est donc de ne pas reproduire la même erreur pour soi-même.

Un éditeur me l’a déjà affirmé en face à face, et le site Mythcreants en parle aussi dans l’article « The One Big Thing That Most Manuscripts Lack » : le problème de la plupart des manuscrits réceptionnés en maisons d’édition, c’est que l’auteur ne sait pas lui-même de quoi il est vraiment en train de parler. Il laisse s’exprimer ses désirs sans vraiment avoir conscience de ses besoins.

L’idée est donc de te prendre pour un personnage de fiction et d’aller au-delà des apparences de ton texte.

Écrire un récit personnel (blablabla…)

Je t’encourage très souvent sur ce blog à écrire des histoires qui te soient personnelles, qui soient spécifiques et non génériques. Je ne suis pas le seul, regarde, Pixar aussi. Ce n’est pas pour rien : un récit, même admirablement construit et rédigé, même irréprochable sur un plan technique, n’est qu’une coquille vide si tu n’y insères pas « une âme ». Un peu de toi. Et loin de considérer cette affirmation comme mystique ou magique ou de t’inciter à écrire avec ton sang, je pense néanmoins – avec force et conviction – que ton histoire n’aura aucune chance de « bouger » les gens s’il ne contient pas des choses « qui te bougent », toi.

C’est aussi une question de motivation : si tu abandonnes en cours de route les histoires que tu écris sans réussir à aller au bout, c’est probablement parce tu es plus gouverné(e) par tes désirs que par tes besoins. Un désir est souvent éphémère, changeant et volatile. Un besoin est solide, tu peux compter sur lui, et il te permettra d’aller au bout de ton récit.

Reste plus qu’à savoir ce qui t’anime, au fond de toi.

Post-scriptum : savoir séparer ses désirs de ses besoins est tout aussi important pour d’autres sujets de la vraie vie. Agir en fonction de ses besoins est ce qui nous rend heureux et satisfait, à coup sûr, car personne ne peut manipuler nos besoins (ils nous sont propres). Nos désirs, en revanche, sont aisément corruptibles : vérifie bien qu’ils coïncident avec tes besoins avant de les suivre aveuglément. Car c’est ainsi que des gens qui se lancent dans l’écriture parce qu’inventer des histoires les épanouit (besoin) se transforment en obsédés des ventes qui veulent plus que tout devenir riches et célèbres (désirs induits par notre culture actuelle).

M’enfin, ce n’est que mon avis.


« Je me demande bien pourquoi on a besoin de ces conclusions ?
– On n’en a PAS besoin. Personne n’en a besoin. »

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[EXTRAIT] Latium – Romain Lucazeau

L’atmosphère était propre, dénuée de toute trace de contamination bactérienne. Elle orienta une des caméras binoculaires du plafond, observa avec intérêt l’ensemble compliqué de tuyaux, de bras articulés, de réservoirs emplis de liquides à la texture gluante, organique, qui couvrait tout l’espace disponible. Ou presque : au milieu, connectée à l’appareillage par plusieurs grappes de cathéters tendus par une intense circulation de fluides, se trouvait une énorme masse de chair rose et lisse, accrochée au plafond comme une pièce de boucherie. L’organe artificiel avait la forme d’une poire, comme une poche tendue par un poids trop important pour elle. La chose se trouvait en état de stase depuis plus d’un siècle.

Oikè lança une série d’instructions. Le système lymphatique et sanguin qui l’entourait changea la composition des liquides qu’il pompait. Juste sous la paroi charnue, des veines épaisses comme un bras se mirent à saillir, et une odeur d’ammoniac et de sang se répandit. Des poches se remplirent et se vidèrent en rythme, libérant des substances organiques, de plus en plus vite, faisant tressauter l’ensemble. Le moment de la délivrance arrivait.

Les tissus se déchirèrent, dans un bruit écœurant de viande arrachée, et des sucs transparents commencèrent à suinter jusqu’à former une flaque gluante d’ichor, souillée de traces de sang. L’objet tout entier fut pris de mouvements convulsifs, d’une intensité croissante, et, tout à coup, quelque chose à l’intérieur creva. Le monstrueux placenta se contracta une dernière fois pour relâcher son fardeau, un être qu’il avait gardé en lui pendant des années, à présent un étranger. Du sang gicla jusqu’au plafond de métal lisse. Un corps, vivant, nu, adulte, semblable à celui d’un humain de sexe féminin, glissa sur le sol.

Oikè l’observa, fascinée, luttant contre un sentiment à la lisière du mysticisme. Il ne s’agissait pas d’une femme : son code génétique était un mixte de plusieurs espèces animales de la planète des origines. Mais l’imitation, effet d’une subtile ingénierie génétique, était, de l’extérieur, parfaite — quand bien même n’aurait-elle pas résisté à une observation attentive des organes internes. Son cerveau avait été atrophié à dessein, à l’exception des fonctions reptiliennes les plus primitives. Ce n’était pas un individu autonome. Étendue par terre, couverte de morceaux de placenta et de liquides nauséabonds, tachée de sang, elle s’agitait, secouée de spasmes sans signification, puis un cri rauque indiqua que les poumons venaient de subir la morsure de l’air.

Un ergatès monté sur des pattes d’insecte entra en cliquetant dans la cabine. Il observa la chose étendue par terre, prit le temps de vérifier les proportions et les paramètres vitaux. Des aiguilles surgirent de son torse, plus rapides que l’éclair, pour effectuer de minuscules incisions, ramener des prélèvements infinitésimaux pour analyse. Lorsqu’il fut satisfait de son examen, l’ergatès s’approcha. Des appendices de préhension et des outils chirurgicaux, scalpels et fraises, firent leur apparition. Des bras articulés se saisirent sans ménagement du corps par les membres et le cou, puis l’allongèrent, s’assurant de son immobilité. L’automate enfonça alors une lame en carbone monomoléculaire dans le cuir chevelu, découpa les chairs et les os du crâne avec une facilité déconcertante. Insensible aux réactions désordonnées de la créature, il retira la boîte crânienne et commença la longue et complexe opération consistant à vider l’intérieur du crâne des tissus cérébraux préexistants.

Puis il commença à construire le support de conscience. Cela dura des heures. Pendant tout ce temps, la patiente ne cessa de pousser des gémissements étouffés, dénués de sens, sans qu’à aucun moment l’ergatès ne réagisse, occupé qu’il était à insérer dans le crâne un ensemble de cristaux de données, de processeurs et de mécanismes d’alimentation en énergie et de microréfrigération. Puis il se lança dans un patient travail de suture pour connecter la machine au système nerveux du corps. Sous le regard d’Oikè, les aiguilles et les pinces virevoltaient, comme les doigts d’un pianiste, se livraient à un travail de précision. Il s’agissait, pour le chirurgien automate, d’établir des interfaces entre chaque terminaison nerveuse et les différents appareils informatiques introduits par ses soins. La colonne vertébrale, le cerveau reptilien, les nerfs optiques, mille autres points de contact qui auraient dû croître de manière naturelle — tout cela devait assurer l’intégration de l’âme computationnelle et de la chair biologique.

Latium – Romain Lucazeau (extrait)


[Que sont les articles « Extraits » ? C’est expliqué ICI]

Ressenti personnel

Je parcourais ma bibliothèque en me demandant quels auteurs français m’avaient filé des claques ces deux dernières années quand mes yeux sont tombés sur Latium, de Romain Lucazeau. Aussitôt m’est revenue cette scène de venue au monde, une naissance à la fois violente et froide.

Pour replacer Latium dans son contexte, le roman décrit un monde futuriste dont l’être humain est absent : l’Homme a disparu depuis longtemps, laissant essentiellement derrière lui des IA immortelles mais désœuvrées.

Dès le premier paragraphe cette scène conjugue éléments organiques (bactérienne, masse de chair rose, poche) et technologiques (caméras binoculaires, appareillage, connectée). L’absence de contamination bactérienne suggère une ambiance hospitalière, mais la comparaison « comme une pièce de boucherie » nous fait plus penser à un lieu de mort qu’à un lieu de vie.

D’ailleurs, ce qui va naître dans cette scène nous fait languir dans l’inquiétude. Le texte joue sur la peur de l’inconnu en le désignant par des termes vagues (la chose, l’ensemble, l’objet). Il en rajoute avec des mots comme fardeau, étranger, monstrueux. Ce n’est qu’après ces trois paragraphes introductifs qu’intervient la délivrance, que l’on « voit » ce qui était jusqu’ici caché. L’auteur se veut enfin factuel et précis : « Un corps, vivant, nu, adulte, semblable à celui d’un humain de sexe féminin ».

Mais ce n’est pas une femme non : je te l’ai expliqué, dans Latium, l’être humain n’existe plus. Alors le texte nous le souligne, afin que nous comprenions bien que la créature qui vient de prendre vie ici ressemble à un humain mais n’en est pas un.

Aussitôt, ce paragraphe très biologique est compensé par une partie ultra-technologique. Nous assistons, avec un mélange de fascination mêlée d’horreur, à l’opération sans anesthésie à laquelle se livre l’automate. Et c’est au dernier paragraphe que nous comprenons à quoi nous venons véritablement d’assister : à la naissance d’un être hybride, au corps biologique et au cerveau technologique. Comme l’est ce passage. Voire peut-être même le roman tout entier.

« L’enfer est pavé d’adverbes »

Romain Lucazeau a-t-il lu cette célèbre citation de Stephen King ? Peut-être. Ou simplement sait-il tout ce que je t’ai expliqué sur les adverbes dans cet article focus.

Toujours est-il qu’il y a à peine plus de 3% d’adverbes dans ce passage, pour 0 (zéro) adverbes en -ment. Depuis que je m’amuse à faire des stats, c’est le taux le plus bas que j’ai rencontré. Comme quoi il est tout à fait possible d’écrire des textes compliqués, avec des phrases longues et complexes, en étant précis… sans avoir recours aux adverbes.

Étude statistique

Voici le résultat de l’étude statistique de ce passage (cf. articles focus sur ce blog) :

Latium

Alors là, c’est le choc (rires) : avec tout le bien que l’on a entendu de cet auteur et de ce roman extraordinaire, les prix remportés, la claque stylistique dont je me souvenais à la lecture, comment peut-il y avoir tout ce rouge ? Une bonne occasion de répéter que les statistiques sont des indicateurs de style, et non des outils d’évaluation d’une certaine qualité littéraire.

Sans surprise (parce qu’on le sent à la lecture), le texte est exigeant avec le lecteur. Avec une moyenne de plus de vingt mots par phrase et plus de 13% de phrases longues, il demande de la concentration (sans compter qu’il utilise souvent un vocabulaire technique poussé – j’ai choisi un extrait plutôt light, sur ce coup-là !).

Il est difficile de faire des phrases longues sans cumuler des propositions, et puisque l’auteur semble vouloir éviter les pronoms relatifs (cinq « qui » seulement dans ce passage, prends-en de la graine !), il est peu étonnant de voir des participes présent / participiales (au bout d’un moment, il n’y a pas trente-six façons d’articuler des phrases). Sans être catégorique, je suppose que l’abondance de prépositions découle aussi de la longueur des phrases (tout est lié).

C’est une bonne occasion de te rappeler qu’avoir « du rouge » dans tes stats n’indique pas un mauvais texte. Néanmoins il en dresse un profil. Ce profil chiffré de Latium est très représentatif de ce qu’on peut lire au sujet de ce roman (en bien ou en mal : je te laisse piocher dans les commentaires internet, tantôt élogieux, tantôt très critiques – en particulier sur la forme). Pour ma part, si j’ai eu du mal à m’habituer au style de l’auteur au départ, je n’ai plus lâché l’ouvrage jusqu’à la fin des deux tomes, et suis resté fasciné par la masse de travail effectuée. C’est, pour moi, de la grande SF (même si sa forme la destine plutôt à un public averti).

M’enfin, ce n’est que mon avis…


Et toi, que t’évoque cet extrait ? Qu’as-tu à dire sur ce passage ?
Discutons-en en commentaires !


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Règle Pixar [13] : L’opinion des personnages

Give your characters opinions. Passive/malleable might seem likable to you as you write, but it’s poison to the audience.

Donne des opinions à tes personnages. Des personnages passifs ou malléables peuvent te sembler préférables et pratiques en tant qu’auteur, mais pour ton lecteur ce sont des plaies.


[Que sont les règles d’or Pixar ? C’est expliqué ICI]

Ce conseil Pixar revient sur le sentier du storytelling pur et dur, avec un conseil simple et bien connu, hélas souvent oublié.

Il rappelle que les personnages (TOUS les personnages) devraient être dotés d’opinions claires.

Une opinion sur quoi ? Une opinion pour quoi faire ?
Passons cela en revue.

Une opinion sur quoi ?

J’ai envie de répondre en deux fois.

Premièrement, j’ai envie de dire que le plus important lorsque tu crées un personnage est de définir ce qu’il pense du thème que tu abordes dans ton histoire. Imagine que ton récit parle de racisme : tu devrais dès le début te poser la question – pour CHAQUE personnage – de sa relation au thème. Est-il lui-même raciste ? En a-t-il conscience ? En est-il victime ? Etc. Si tu disposes d’un thème dans ton histoire, il est capital que tu définisses au plus tôt les opinions de chaque personnage sur ce thème… tout simplement parce que l’histoire va parler de cela, et qu’un personnage qui n’a pas d’opinion sur le sujet ne te servira à rien dans le développement de ton récit. Comment développer un débat moral avec des personnages sans opinions ?

Exemple : le film Tootsie est bâti sur un débat moral clair, à savoir la façon dont un homme doit se comporter avec les femmes. Mais il n’y a pas que le protagoniste Michael qui alimente ce débat, car tous les personnages (hommes comme femmes) représentent une déclinaison du thème et expriment des opinions différentes sur ce sujet central.

Secondement, je pense qu’un personnage devrait avoir des opinions… sur tout. Je veux dire : il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour se rendre compte que tout le monde a un avis sur tout (y compris « ce sujet ne m’intéresse pas et je n’y connais rien »). Le but n’est pas d’avoir des personnages qui parlent de tout à tort et à travers ; l’intérêt est d’éviter d’avoir des personnages qui n’ont rien à dire, aucune position à défendre, aucun intérêt à l’action. Tu sais, ces gens qui, quand tu veux aller au resto, te disent : « on va où tu veux, je n’ai aucune préférence, je te suis. » Ils sont pénibles, pas vrai ? Eh bien en fiction c’est pareil : les personnages qui ne font que suivre sans jamais donner leur avis sont simplement irritants. Tu as le droit de créer un personnage qui n’ose pas exprimer ses opinions ; mais ce n’est pas pour cela qu’il ne doit pas en avoir.

Note : ce risque est d’autant plus prégnant sur les alliés des personnages principaux (alliés du héros et de l’adversaire). On les oublie facilement, or leur opinion compte aussi ! Ce n’est pas parce qu’un ami du héros lui est fidèle qu’il est toujours d’accord avec lui. Même un personnage aussi loyal que Sam peut s’opposer à Frodon.

Exemple : dans le film d’animation Les Indestructibles, Mirage est l’alliée de l’adversaire, mais elle réalise elle-même en cours d’histoire que leurs opinions divergent.

Nos opinions, nos valeurs, nos croyances, nos goûts et préférences : ce sont ces éléments qui définissent notre personnalité, qui nous sommes. Un personnage qui n’a rien de tout cela est une coquille vide. Donc à chaque scène, pour chaque conflit de ton histoire, demande-toi quel est l’avis de chaque personnage présent, et fais en sorte que chacun agisse en fonction.

Les opinions, outils narratifs

Nos opinions, nos valeurs, nos croyances, nos goûts et préférences : ils définissent ce que nous sommes, mais sont aussi la plus puissante source de conflit qui existe au monde. Quasiment tous les conflits reposent sur des divergences d’opinions. Cela signifie que les opinions de tes personnages représentent ton outil narratif le plus important.

Les conflits font l’histoire, et les opinions d’un personnage vont le pousser à prendre parti, pour un camps ou un autre.

Exemple : dans le film La communauté de l’anneau, le Conseil d’Elron réunit tout un tas de personnages qui ont un même but (vaincre Sauron) mais qui ont un avis différent sur la façon d’utiliser l’anneau unique. Aragorn suit Frodon par honneur et sens du devoir ; les elfes comprennent mieux que les autres la menace absolue que représente Sauron ; les nains n’ont pas l’air de prendre le danger au sérieux, mais suivent le mouvement pour ne pas perdre la face devant les elfes ; quant à Boromir, son désaccord est palpable et préfigure des conflits à venir…

Un personnage sans opinion est un personnage neutre. Cela peut sembler pratique à un auteur : cela laisse des portes ouvertes à la narration, et l’auteur se dit que ce personnage pourra basculer dans un camps ou un autre selon les besoins du scénario. Si le personnage est un peu flou, ne veut rien de spécial, n’est pas motivé par des valeurs fortes, l’auteur se dit qu’il peut s’en servir tantôt pour aider le héros, tantôt pour lui mettre des bâtons dans les roues. Surtout, il se dit qu’il peut le laisser de côté quand il n’en a pas besoin. Hélas pour l’auteur, cela ne fonctionne pas : ces personnages deviennent vite insupportables car le lecteur ne les comprends pas. Ils apparaissent comme incohérents, mal construits, ou carrément comme des marionnettes entre les mains de l’auteur (une marionnette aux fils grossiers).

Exemple : pour poursuivre sur le l’exemple du Seigneur des anneaux, même les amis hobbits de Frodon ne le suivent pas pour les mêmes raisons. Sam n’a pas les mêmes opinions et valeurs que Merry et Pippin…

Mais surtout, des personnages sans opinion rendent tes conflits artificiels ! S’ils sonnent faux, ne cherche pas bien loin : neuf fois sur dix, ça vient de là. Si tes personnages n’ont pas de réelles opinions, celles-ci ne peuvent pas entrer en conflit. Les auteurs en sont alors réduits à créer des disputes ou des batailles qui manquent de sens. Les personnages haussent le ton, en viennent aux mains, mais tout sonne creux. Le lecteur ne comprend pas vraiment pourquoi les personnages se dressent les uns contre les autres ou agissent de telle ou telle façon.

Exemple : dans StarWars épisode 8 Les derniers Jedi, l’opposition entre Poe et l’Amiral Holdo atteint des extrêmes absurdes. Leur désaccord ne repose sur rien de concret, et leur conflit est forcé par les scénaristes. Ces deux personnages sont très semblables et ont, au fond, les mêmes opinions. Tout n’est en fait qu’un énorme malentendu, et il aurait suffit que l’Amiral Holdo expose son plan à son subalterne pour désamorcer tout ça…

N’aie pas peur d’attribuer des opinions claires à tes personnages (TOUS tes personnages). Si tu fais en sorte de les varier, tu t’ouvriras naturellement le champ des possibles. Tes dialogues sonneront plus justes car les arguments seront prononcés de façon convaincantes ; tes conflits noueront les tripes car ils auront du sens ; tes personnages seront compréhensibles et tu faciliteras l’identification, car nous comprendrons ce qui les anime.

M’enfin, ce n’est que mon avis…


« Quelle est ton opinion sur cet article ?
— Euh… je n’en ai pas vraiment.
— T’es vraiment chiant, tu sais ? »

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Être un bon bêta-lecteur

« Je me demande si je suis un bon bêta-lecteur.
— Un bon lecteur, je ne sais pas. Mais… »


Dans l’article Réussir sa phase de bêta-lecture, je donnais des conseils aux auteurs pour organiser la bêta-lecture de leurs livres et en tirer le meilleur parti. Mais sur mon dernier roman, via les messages de mes relecteurs, j’ai réalisé à quel point les personnes doutent de ce qu’elles sont censées dire et de comment elles doivent le faire. Comme je passe moi-même beaucoup de temps en bêta-lecture pour d’autres comparses auteurs, j’ai appris deux ou trois trucs sur le sujet. Voici ce que j’en ai retiré.

Les bêta-lecteurs ont souvent peur :
1) de mal faire (à savoir faire remonter des problèmes qui n’en sont pas et ainsi faire perdre leur temps à l’auteur) ;
2) de blesser l’auteur via leurs critiques.

Voici de quoi esquiver ces deux écueils tout en étant utiles.

Le fond

De quoi a besoin l’auteur pour avancer ? Quelles remarques lui seront utiles ou ne le seront pas ? De mon point de vue, tout ce qui trouble ta lecture lui est utile, c’est-à-dire toutes les pensées parasites qui te passent par la tête pendant que tu as le livre en main.

Lorsqu’on lit , on ne devrait pas voir le temps passer, et on ne devrait penser à rien : plongé dans l’histoire, nous sommes censés dévorer les lignes sans s’arrêter, uniquement concentrés sur l’histoire. Telle est la lecture idéale. Il se trouve que créer l’illusion de fiction et la maintenir fluide toute la durée du livre, c’est justement le job principal d’un auteur. Donc, dès que ton esprit bute sur quelque chose et que tu as une pensée qui sursaute, tu devrais t’arrêter et la noter. De nombreux écueils peuvent venir perturber le fil de ta lecture :

– Si tu trouves une coquille d’orthographe, de grammaire, de typo ;
– Si tu es obligé de relire deux fois le même passage, si tu n’as pas bien compris ce qu’il se passe, si tu ne sais pas qui parle dans un dialogue ou  qui agit dans une scène d’action ;
– Si un évènement ou un personnage te semble incohérent ou illogique ;
– Si tu bailles, si tu as lu un ou plusieurs paragraphes en diagonale, si tu as fermé le livre pour faire autre chose parce que tu t’ennuyais, si cela fait trois jours que le livre est posé sur ta table de nuit sans que tu ne l’ais ouvert alors que tu avais le temps de lire.

Ces éléments sont ton ressenti. Ce n’est pas juste ou faux, bon ou mauvais : c’est juste le résultat de ton expérience de lecture. C’est de cela dont l’auteur a besoin.

« Oui, mais ce n’est peut-être pas la faute du livre, j’étais peut-être fatigué ce jour-là, je n’étais pas dans le bon état d’esprit, ou je suis trop bête pour comprendre. »

J’en ai connu, des auteurs peu sûrs d’eux, mais certains bêta-lecteurs battent tous les records. Ils sont tellement terrifiés à l’idée de signaler de fausses erreurs que s’ils détectent un problème, ils considèrent d’emblée qu’il vient d’eux et non du livre.

Je vais te dire une chose : je ne sais pas. Je ne sais pas si ta remarque est pertinente, si elle vient du livre, si elle vient de toi. Peu importe. On s’en fiche. Tu participes à la bêta-lecture pour fournir ton ressenti de lecture, alors donne ton ressenti de lecture. Exprime seulement comment ta lecture s’est déroulée. Laisse donc l’auteur faire le tri et juger lui-même de l’utilité de tes retours.

De mon point de vue d’auteur, une bonne histoire est un cours d’eau lisse au débit régulier. Elle doit couler toute seule, même si tu es fatigué, malade ou pas très malin. Si tu peines à en suivre le fil, c’est que le récit est trop pâteux ou qu’il y a trop de cailloux au fond du lit.

La forme

Recevoir une critique est une torture pour un auteur. Notre ego est énorme, boursouflé, et donc très (très) sensible. Si tu n’as pas envie de nous faire mal, quelques conseils peuvent t’aider à formuler tes remarques :

Rédige tes phrases à la première personne – Je te l’ai dit plus haut, tu es censé donner ton ressenti, donc rédige-le comme tel. Ne dis pas « le début est ennuyeux et la fin incompréhensible », dis « je me suis ennuyé au début, et je n’ai pas compris la fin ». La première version sonne comme un jugement irréversible, alors que l’affirmation est discutable. La seconde version n’est que l’énoncé d’un fait que l’auteur ne peut contredire : c’est juste ce que tu as ressenti.

Soit spécifique et donne des exemples – Ne dis pas « Les personnages sont incohérents » mais nomme celui qui t’a gêné en particulier. Ne te contente pas de dire « Le personnage de Selim est incohérent ». Montre ce que tu lui reproches. Exemple : « Au chapitre deux, Selim clame haut et fort qu’il n’aime pas se battre, mais dès le chapitre trois il se lance au combat alors qu’il n’est pas obligé, j’ai trouvé cela illogique. » Cela fonctionne pour tout : si tu trouves que l’auteur utilise trop d’adverbes, sélectionne-lui un passage typique où ils sont surabondants. Si tu trouves un chapitre trop long, souligne-lui la différence de taille par rapport à celui d’avant et celui d’après. Etc.

Anecdote personnelle : sur le roman La colère d’une mère, j’ai eu deux retours de bêta-lecture déroutants. Le premier me reprochait des personnages secondaires trop peu approfondis, alors que le second me reprochait des personnages secondaires trop détaillés. C’est le genre de remarque qui peut rendre un auteur fou, mais j’ai mené l’enquête en posant des questions complémentaires. Au final, chacun des bêta-lecteurs avait formulé une remarque généraliste en parlant en fait d’un personnage secondaire spécifique différent : l’un était inutilement détaillé (ce qui laissait à entendre qu’il aurait un rôle important alors que non), tandis qu’un autre n’était qu’esquissé (alors que son rôle méritait mieux).

Ne fais pas de suggestions de changements – Même si tu es auteur toi-même (surtout si tu es auteur toi-même) ne propose pas d’axe d’amélioration. C’est exactement ce qu’on apprend lors d’une formation d’auditeur : souligne ce qui pour toi ne fonctionne pas, mais ne fournis pas de solution de ton cru. Cela vaut sur le fond comme sur la forme : si une phrase te semble maladroite, dis simplement que tu as été obligé de la relire deux fois pour la comprendre, ne la réécris pas à ta sauce ; si tu t’es ennuyé à la lecture d’un chapitre, ne suggère pas une péripétie de ton invention pour relancer l’intrigue.

Je n’ai jamais retrouvé le nom de l’auteur américain dont j’avais lu cette citation, mais en substance il disait : « Quand un lecteur te dit qu’il y a un problème, neuf fois sur dix il a raison ; quand il t’explique comment le résoudre, neuf fois sur dix il a tort. » (c’est tellement vrai…)

Anecdote personnelle : sur le roman Le déni du Maître-sève, une bêta-lectrice trouvait une scène imprécise et m’a expliqué comment je devais la réécrire pour qu’elle soit plus claire. Hélas, ma scène était si mal tournée que la lectrice l’avait carrément comprise à l’envers, et sa proposition était donc l’exact opposé de ce que je devais faire.

Tu n’es pas dans la tête de l’auteur, tu ne sais pas ce qu’il a voulu faire ou  dire. Tu n’as pas la vision d’ensemble : signale donc ce qui te gêne, mais ne pense pas pouvoir résoudre le problème mieux que lui.

Mea culpa : c’est un conseil vraiment important, et en tant qu’auteur je jette à la poubelle toutes les suggestions d’amélioration qu’on me fait (le plus souvent en poussant un long soupir théâtral). Pourtant, je dois confesser que je suis le premier à bafouer cette règle lorsque je bêta-lis, et je m’en excuse auprès des auteurs concernés. Je me soigne, et essaie désormais de ne proposer des choses que dans un cadre d’illustration de mon discours (en exemple, pour mieux expliquer ma remarque et mieux me faire comprendre).

Souligne aussi ce que tu as aimé – S’il est capital pour l’auteur de savoir ce qui ne marche pas dans son récit, il est tout aussi important dans cette phase de lui souligner ce qui a particulièrement bien fonctionné. Cela lui permettra 1) de ne pas toucher par mégarde à un passage qui fonctionne, 2) de prendre exemple et capitaliser sur ses qualités. Continue de respecter les règles ci-dessus (écris à la première personne, soit spécifique et précis), et indique ce que tu as aimé (ton personnage préféré, une scène qui t’a marqué, un passage vraiment bien tourné, un retournement de situation que tu n’avais pas vu venir). Par contre, n’invente pas des compliments : lancer des fleurs fantômes dans le but d’atténuer des critiques fait plus de mal que de bien. Si tu n’as vraiment rien apprécié, autant ne rien dire.

Dans tous les cas, n’oublie pas que c’est l’auteur qui t’a demandé ton aide. Il est demandeur de ton travail. Et ce dont il a besoin, c’est de voir remonter à la surface ce qui peut gêner la lecture. Donc ne te pose pas plus de questions que cela : lis, note ce qui t’a perturbé, dis-le de façon précise et claire. C’est long (donc merci à toi !) mais ce n’est pas plus compliqué que cela.

M’enfin, ce n’est que mon avis…


« Est-ce que ça existe les bêta-auteurs ?
— Je crois que j’en connais un… »

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[SCRIBBLOG] Motivations des personnages : le pourquoi et le comment

[Que sont les articles du Scribblog ? C’est expliqué ICI]

Nouvel article de conseil d’écriture posté sur le blog de la plateforme Scribbook :

scribbook-blog-motivations-des-personnages.jpg

Un élément crucial lorsque vous créez vos personnages est de leur fournir de solides motivations. Malheureusement, ce n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît : ce qui motive vos personnages doit tout à la fois être puissant et crédible, tout en ayant un lien avec l’histoire dans son ensemble. Dans cet article, nous étudierons les motivations et comment il est possible de les mettre en avant dans vos récits.

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